La Politique québécoise de gestion des matières résiduelles prévoit que 60 % des matières organiques putrescibles devront être récupérées en 2015. À Montréal, le taux de récupération de ces résidus n'était que de 10 %, en 2009.

Après plusieurs mois de travail, d’analyses et d’apparentes valses-hésitations, il semble que la Ville de Montréal ait enfin trouvé les sites qui accueilleront les deux centres de compostage et les deux usines de biométhanisation, attendues d’ici 2014.

À l’automne, trois sites avaient été identifiés. Le Complexe environnemental Saint-Michel, la Carrière Demix, à Montréal-Est, et le terrain de l’ancienne usine Monsanto, à Lasalle, étaient dans la mire de la Ville. Il manquait toutefois un site pour le secteur de l’Ouest-de-l’Île de Montréal. «Ça nous a pris un certain temps pour trouver le site dans l’ouest, mais nous sommes aujourd’hui capables de dire que nous avons un site potentiel dans ce secteur, a affirmé le responsable du développement durable à la Ville, Alan DeSousa. Pour le moment, les quatre sites sont déterminés sur une base préliminaire. Des études sont en train d’être terminées.»

Ces études, qui visent notamment à assurer la faisabilité des projets sur les sites choisis, devraient être achevées d’ici quelques semaines. Alan DeSousa espère être en mesure de présenter les sites choisis au comité exécutif, qui devra ensuite les approuver, d’ici le mois d’avril. «Je vise le court terme», a-t-il indiqué, tout en rappelant que l’identification des sites ne représentait qu’une partie du travail à accomplir.

«Il reste encore les questions de la technologie, du financement et de la gouvernance à régler, a-t-il rappelé. Du travail a déjà été fait en ce sens, mais d’autres démarches sont à venir. Nous ne voulons pas manquer notre coup. Ce sont des infrastructures qui seront utilisées pendant des décennies. Il faut s’assurer de faire les bons choix.»

Les sites retenus par la Ville devaient initialement être connus en juin 2010. Malgré les retards qui s’accumulent, Alan DeSousa estime qu’il est toujours possible de compléter la construction des quatre usines d’ici 2014. Cet échéancier a été imposé par les gouvernements provincial et fédéral, qui assumeront une partie de la facture, évaluée à plus de 150 M$.

Dans l’attente des usines montréalaises, la Ville de Montréal a lancé, en février, un appel d’offres visant à trouver une entreprise capable de composter 15 000 tonnes de matières putrescibles par année afin d’offrir une collecte de résidus de table à davantage de citoyens. Ce dossier n’a toujours pas fait l’objet d’une décision.

Même s’ils ne nient pas la volonté de la Ville d’aller de l’avant avec une collecte de résidus putrescibles, certains observateurs et acteurs de la scène municipale souhaitent que les premiers pas soient faits plus rapidement. «La Ville doit prendre des bouchées doubles, a soutenu la responsable du dossier des matières résiduelles au Conseil régional de l’environnement (CRE) de Montréal, Marie-Ève Chaume. Elle devrait déjà lancer une campagne d’information et de sensibilisation, question de s’assurer que les gens sont prêts lorsque les usines seront construites.»

Josée Duplessis, conseillère du district De Lorimier et instigatrice du projet de compostage dans l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, abonde dans le même sens. «On ne peut pas juste distribuer des bacs bruns et penser que les gens vont s’en servir, a-t-elle rappelé. La Ville devrait commencer par une première phase de participation volontaire. Il faut aller chercher la frange de citoyens les plus conscientisés et s’en servir comme agents multiplicateurs.»

Consultations à venir
La Ville de Montréal tiendra une consultation publique prochainement au sujet des centres de compos­tage et des usines de biométhanisation. Une annonce en ce sens devrait être faite la semaine prochaine. Le mécanisme de consultation qui sera utilisé n’a pas encore été choisi. «Nous devons voir quelle est la meilleure instance à utiliser», a expliqué le responsable du développement durable à la Ville, Alan DeSousa.

L’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) pourrait être appelé à intervenir. La Ville pourrait aussi choisir d’aller du côté de la Commission du conseil ou simplement tenir des réunions d’information. Peu importe le moyen choisi, la Ville assure que les citoyens seront informés et qu’ils pourront s’exprimer. Cette participation citoyenne a d’ailleurs toujours été au cÅ“ur des décisions de la Ville dans le dossier du compostage et de la biométhanisation. Elle explique en partie pourquoi la ville centre n’a pas imposé ses choix de sites aux arrondis­sements et villes liées.

«Nous avions une bonne idée des sites qui nous intéressaient, a admis M. DeSousa. Mais nous voulions nous assurer que ces sites répondaient à nos critères, dont celui de l’acceptation sociale. En n’imposant pas nos choix, nous avons pu bâtir un consensus.» 

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