Qui sont vos élus d’arrondissement ? Boudent-ils fréquemment les séances du conseil municipal ? Qu’ont-ils déclaré récemment dans les journaux ou sur Twitter ? Grâce à la nouvelle applicatiion Mamairie.ca, ce genre d’information est désormais disponible (ou le sera très bientôt) en quelques clics.

«L’idée, c’est de rapprocher les Montréalais et les politiciens municipaux, afin d’encourager le dialogue et la participation citoyenne», explique, James McKinney, le cofondateur de l’organisme Nord Ouvert qui à développé bénévolement le site avec l’aide de plusieurs autres programmeurs.

Rapprocher citoyens et élus ne sera pas chose facile. Avec 27% de taux de confiance, les maires figurent dans le peloton de queue au baromètre des professions 2011 de Leger Marketing, pas loin devant les entrepreneurs en construction (24%). Et selon un sondage récent, de l’Union des municipalités du Québec, 63% des personnes interrogées déclarent ne pas s’intéresser à la politique municipale.

Certains se demandent alors s’il est nécessaire pour Montréal d’avoir 103 élus? À l’image de villes comme Québec et Longueuil, qui ont adopté des mesures de réduction, la cheffe de l’opposition officielle, Louise Harel croit que la ville serait mieux gérée avec moins d’élus.

«Le maire de Montréal veut mettre les citoyens au cœur des décisions de l’administration, c’est pour cela qu’il ne faut pas réduire leur nombre», répond de son côté Darren Becker, porte-parole de l’administration Tremblay.

Plusieurs initiatives à saveur technologique ont été prises pour tenter de rapprocher la Ville et ses citoyens. Si la création de la ligne téléphonique 311 est un réel succès (1 million d’appels par an), la diffusion sur Internet des séances du conseil municipal n’atteint qu’un faible auditoire. Chaque mois, à peine 1130 personnes (employés de la ville compris) regardent les débats en direct ou en différé.

Du côté du Bureau du directeur général des élections, Dénis Dion salue les initiatives comme Mamairie.ca, qui permettent «d’humaniser la démocratie et de pousser les citoyens à s’intéresser aux enjeux». Mais cela ne se concrétisera pas forcément dans les urnes. «La participation électorale dépend d’une foule d’autres  paramètres», ajoute-t-il.


Mode d’emploi

Sur le site www.Mamairie.ca, on tape son code postal et la liste des élus de l’arrondissement apparait. En agrégeant les données contenues sur GoogleNews et Twitter, on peut savoir ce que chaque conseiller a déclaré récemment dans les médias et sur les réseaux sociaux ou connaître les faits saillants du dernier conseil d’arrondissement. Leurs coordonnées à la mairie et  parfois l’adresse de leur blogue sont aussi indiquées.

La semaine prochaine, le site donnera aussi des détails sur le taux de fréquentation de chaque élu aux séances du conseil municipal, question de mesurer leur engagement. En mai, le Journal de Montréal avait révélé qu’une douzaine des 65 élus qui siègent au conseil de ville avaient raté plus de 10 séances, au cours des 18 derniers mois.

Échos du dernier hackaton
Le site MaMairie.ca a été peaufiné lors du dernier hackathon, un événement organisé par Montréal Ouvert visant à créer des applications web à partir de certaines des données récemment rendues publiques par la Ville. Une centaine de jeunes geeks ont participé à l’événement. Parmi les applications en préparation :

-@KofKofMtl permettra de recevoir des alertes via Twitter en cas de mauvaise qualité de l’air dans son coin

-Remtl.ca pour localiser les sites contaminés près de chez soi. Idéal avant d’acheter

-Un programme qui, une fois installé, indiquera sur le site internet de Renaud-Bray (et les autres) dans quelle bibliothèque montréalaise trouver le livre… question d’économiser!

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