Comme tous les autres adolescents, les membres de gangs de rue sont très actifs sur le cyberespace. Pour ces délinquants âgés en moyenne de 16 ans, le net offre de nouvelles occasions d’affaires criminelles et de recrutement. C’est ce qu’affirment les nombreux experts qui ont collaboré au nouvel ouvrage Le phénomène des gangs de rue. Métro s’est entretenu avec l’auteure et criminologue Chantal Fredette.

À quoi sert principalement le web pour les gangs de rue?
L’internet participe à la glorification des gangs de rue, des milliers de jeunes valorisent le phénomène sur les réseaux sociaux. La difficulté est d’identifier les vrais «gangsters» de ceux qui ne font que prétendre l’être. Ce qui est certain, c’est que les membres des gangs se servent de cette image pour recruter des jeunes à la fois intimidés et impressionnés par ce monde.

Plusieurs chercheurs notent aussi que le net sert au recrutement des jeunes filles à des fins d’exploitation.
Oui, malheureusement, les réseaux sociaux se révèlent très efficaces. Au lieu de geler de froid dans les entrées de station de métro, les recruteurs réussissent, assis confortablement dans leur salon, à identifier grâce à leur profil virtuel des filles qui semblent vulnérables et qui pourront éventuellement se prostituer.

«Les gangs de rue sont composées jusqu'à 90% de jeunes hommes. De ce nombre, 20% ont une personnalité psychopathique qui s’accompagne d’un sentiment de toute-puissance.» – Chantal Fredette, criminologue et codirectrice du livre Le phénomène des gangs de rue

Qu’en est-il du trafic de drogues et de la vente d’armes, les gangs de rue font de telles transactions en ligne?
Au même titre que la poste, l’avion et le bateau, les gangs mettent tous les moyens de communication au service de leur criminalité. Le web permet de développer de nouvelles formes de fraude et de vols d’identité.

N’est-il pas risqué de se faire prendre?
Certains sont bien plus mâlins que d’autres. Des membres d’une gang de rue montréalaise se sont filmés lors d’une transaction de drogue et ont mis la vidéo sur YouTube! Ils se sont fait épinglés… Mais ça, ce sont des jeunes peu expérimentés. Les membres plus sérieux et haut-placés, qui font affaires avec les motards et la mafia, sont plus discrets et utilisent le côté obscur du web.

Les policiers sont-ils assez présents sur le net?
Trop peu à mon avis. À l’effigie de la guerre contre la pornographie juvénile, les corps policiers devraient constamment partager les données qu’ils ont pour identifier plus de criminels.

ACTU- Cover livre gangs de rue

Le phénomène des gangs de rue
Les Presses de l’Université de Montréal

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