La Maison Redpath ne sera pas démolie prochainement. Le ministre de la Culture, Maka Kotto, a ordonné, mardi, l’arrêt de tous les travaux qui ont lieu près de l’ancienne demeure de l’homme d’affaires John Redpath.

Le ministre se donne ainsi jusqu’à 30 jours pour prendre une décision «éclairée et conforme aux intérêt patrimoniaux», a expliqué son attaché de presse, Marc-André De Blois. Il devra pour ce faire rencontrer des experts en patrimoine.

«Ce sera une décision prise de façon sereine et non précipitée, a ajouté M. De Blois. On ne va pas prendre une décision sur un coup de tête.»

Au mois de décembre, l’arrondissement de Ville-Marie a autorisé la démolition de la célèbre demeure de l’avenue du Musée. Le maire de Montréal, Denis Coderre, a indiqué que le permis de démolition avait été émis «pour des raisons de sécurité». «On ne peut pas laisser une bâtisse comme cela, affirmait-il il y a quelque jours. J’aime mieux prévenir que guérir.»

Le propriétaire de la Maison Redpath, Michael Sochaczevski, veut raser les restants de la Maison Redpath et construire à la place une maison de chambres pour étudiants.

La semaine dernière, M. Kotto a demandé un avis au Conseil du patrimoine du Québec. Celui-ci a conclu que la Maison Redpath présentait «un intérêt historique et architectural». Il a également souligné «qu’il serait souhaitable que le ministre prenne les mesures nécessaires pour préserver les éléments caractéristiques restants et favoriser l’intégration de ces éléments dans un projet contemporain», a mentionné M. De Blois.

Pour M. Coderre, l’ordonnance du ministre Kotto ne fait que «retarder l’inévitable». «Je vais travailler pour qu’on protège les citoyens aux alentours, a-t-il fait savoir, mardi. Je ne voudrais pas que quelqu’un passe par-dessus la clôture et qu’il arrive des choses. Je suis en mode prévention.»

Héritage Montréal salue la décision du ministre. «Ça va permettre de prendre un peu de recul, ce qui sera très sain dans ce dossier, a dit le directeur des politiques de l’organisme, Dinu Bumbaru. Ce dernier a souligné qu’une telle mesure est rarement prise par le ministre de la Culture.

De son côté, Projet Mont­réal a appuyé par communiqué la décision de Québec et a demandé à l’administration Coderre de faire de même. «Le gouvernement du Québec a pris la bonne décision en demandant un sursis de 30 jours avant que le propriétaire ne puisse procéder à la démolition de la maison Redpath. L’ensemble des solutions doivent être considérées avant de procéder à la démolition, ce qui n’a pas encore été le cas. Laisser le propriétaire s’en tirer trop facilement donnerait un bien mauvais exemple aux autres propriétaires qui seraient tentés de laisser leur propriété se dégrader pour éviter de payer les coûteux travaux de rénovation qu’exigent l’entretien des édifices patrimoniaux», a souligné Anne-Marie Sigouin, porte-parole de Projet Montréal en matière de patrimoine.

Faits saillants de la Maison Redpath

  • La Maison Redpath a été construite en 1886 à la demande de l’homme d’affaires, John Redpath selon les plans de l’architecte Sir Andrew Taylor.
  • Elle représente l’une des dernières propriétés ayant une architecture Queen Ann à Montréal. Ses briques rouges, ses ardoises, ses pignons et sa cheminée font partie de ses éléments caractéristiques.
  • En 1986, Héritage Montréal et Sauvons Montréal ont obtenu une injonction pour stopper sa démolition.
  • Le propriétaire a tenté de nouveau de la faire démolir en 2011. Il voulait construire une tour à condos de sept étages.

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