Si la députation de la métropole risque de rester la même au lendemain du 7 avril, celle des banlieues autour de l’île de Montréal pourrait changer de couleur.

«Il y a des batailles qui s’annoncent fort intéressantes», a lancé le chargé de cours du Département de science politique de l’Université du Québec à Montréal André Lamoureux.

À Laval, où trois des cinq circonscriptions sont détenues par les libéraux, le Parti québécois (PQ) pourrait réaliser des gains, d’après le politologue de l’UQAM. L’ancien représentant des travailleurs d’Aveos Jean Poirier pourrait prendre la place du député sortant de Vimont, Jean Roussel, alors que l’écrivaine Djemila Benhabib pourrait montrer la sortie à la députée de Mille-Îles, Francine Charbonneau.

L’analyste politique Liza Frulla croit au contraire que le Parti libéral (PLQ) pourrait ravir des circonscriptions au PQ à Laval en raison du retour du débat entourant le référendum sur la souveraineté du Québec. «La population de Laval est similaire à celle de Montréal, a-t-elle dit. Il y a un mélange d’anglophones, d’allophones et de francophones. Laval risque de changer de couleur.»

Dans la couronne nord, le PQ pourrait faire des gains dans les circonscriptions de Groulx et de Blainville, qui sont présentement représentées par deux députés qui quittent la politique, la caquiste Hélène Daneault et l’indépendant Daniel Ratthé. Pour André Lamoureux, il ne fait aucun doute que l’ancienne leader étudiante Martine Desjardins et l’ex-présidente de l’Ordre des infirmières Gyslaine Desrosiers siégeront à l’Assemblée nationale au lendemain des élections.

«Dans L’Assomption, l’économiste Pierre Paquette a aussi une chance, même s’il se mesure au chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault», a ajouté le chargé de cours de l’UQAM. Le site threehundredeight.com prévoit d’ailleurs une victoire facile du Parti québécois dans cette circonscription de Lanaudière.

La CAQ pourrait enregistrer d’autres pertes sur la Rive-Sud de Montréal, notamment dans La Prairie (Stéphane Le Bouyonnec) et Montarville (Nathalie Roy). Liza Frulla croit que ces circonscriptions pourraient facilement changer de camp, qu’il soit péquiste ou libéral. Le site threehundredeight.com prédit déjà que ces deux circonscriptions de la Montérégie deviendront rouges.

«Dans les couronnes de Mont­réal, les sondages ont été très mauvais pour la CAQ, à un point tel qu’ils risquent de perdre la majorité de leurs sièges, a mentionné le responsable du site threehundredeight.com, Éric Grenier. Quand l’appui à la CAQ tournait autour de 16 ou 17%, c’était très bon pour le PQ en raison de la division du vote fédéraliste. Mais maintenant que la CAQ a chuté à 13% dans les intentions de vote, les libéraux en sortent gagnants. Ça les amène à près de 30% du vote francophone, exactement ce dont ils ont besoin pour former un gouvernement majoritaire.»

Fiables ou pas?

La majorité des sondages publiés avant et pendant la présente campagne électorale sont effectués sur l’internet auprès de quelque 1000 répondants.

«Ça peut paraître mince, admet le responsable du site threehundredeight.com, Éric Grenier. Mais pour les sondeurs, c’est un bassin juste assez grand pour éviter de se tromper. En rejoignant, 1000 personnes, les chances que ces 1000 personnes ne soient pas représentatives de la population en général sont presque nulles.»

Des erreurs entre les chiffres des sondages et les résultats des élections ont marqué certaines campagnes récentes, notamment en Alberta et en Colombie-Britannique. Les prédictions erronées qui donnaient la victoire au Wildrose Party albertain et aux néo-démocrates en Colombie-Britannique ont mis en lumière les limites des projections électorales.

«Il est à peu près impossible pour un sondeur de prédire le pourcentage des répondants qui n’iront pas voter, explique M. Grenier. Si 100% des répondants ont une opinion, peut-être que seulement 60% de ces derniers iront voter, ce qui fausse les données.» Plus le taux de participation est élevé, plus les sondages effectués au cours de la campagne sont précis.

Duel dans La Pinière
Exclue du PLQ, la députée indépendante Fatima Houda-Pépin souhaite conserver son siège dans La Pinière, en Montérégie, un bastion libéral depuis 1989.

  • Selon ses projections, le spécialiste Éric Grenier anticipe une victoire facile de son adversaire, l’ancien caquiste Gaétan Barrette, par un peu moins de 25 points.
  • Le politologue André Lamoureux s’attend plutôt à ce que Mme Houda-Pépin poursuive son travail à l’Assemblée nationale.
  • «Le changement de cap de M. Barrette peut jouer contre lui, a mentionné le chargé de cours de l’UQAM. Ça peut être interprété comme de l’opportunisme. La candidature de Fatima Houda-Pépin est beaucoup plus forte.»

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