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Les cas de surdoses liés aux drogues de rue se multiplient à Montréal. La Direction de santé publique (DSP) de Montréal enquête en date de jeudi sur 28 cas d’intoxication sévères survenus depuis moins d’un mois, dont 15 se sont soldés par un décès. C’est un nombre trois fois plus élevé que la normale. Il y a une semaine, la DSP recensait 14 intoxications et 9 décès et formulait un premier appel à la vigilance.

Les drogues en cause sont l’héroïne, la cocaïne et des comprimés contrefaits consommés par injection, par voie nasale et par inhalation. La DSP soupçonne que des produits utilisés pour couper ces drogues et augmenter leurs effets soient responsables de ces accidents. Le Fentanyl, un opioïde 40 fois plus puissant que l’héroïne et de 50 à 100 fois plus puissant que la morphine, a notamment été retrouvé dans le corps des personnes décédées. «Le Fentanyl est assez fort pour provoquer un arrêt respiratoire», a souligné jeudi le directeur de la santé publique, Dr Richard Massé.

Certaines drogues en concentration plus pures et plus puissantes pourraient aussi se trouver en circulation. «On a trouvé par exemple de l’héroïne concentrée à 40%, alors que l’héroïne dans la rue est normalement [concentrée] à 10 ou 12%», a spécifié le Dr Massé.

Les personnes touchées sont autant des consommateurs réguliers qu’occasionnels. «Par exemple, une professionnelle a consommé de la cocaïne au travail, s’est retrouvée dans le coma pendant 12 heures et a été hospitalisée, a raconté le Dr Massé. Ce sont des réactions qu’on ne retrouve pas habituellement.»

D’après le Dr Massé, le phénomène n’est pas restreint à un secteur particulier de la ville et s’étendrait même au-delà de Montréal. Des cas auraient été rapportés à Laval, en Outaouais et dans les Laurentides. De l’héroïne hautement concentrée et des drogues contenant du Fentanyl ont aussi été retrouvées dans d’autres villes canadiennes. «Deux fois plus de décès liés au Fentanyl ont eu lieu à Vancouver depuis le début de l’année», a rapporté le Dr Massé.

La DSP dit surveiller la situation de façon accrue. Elle a notamment demandé au personnel de soin des hôpitaux de signaler tous les cas de surdose importants et de faire des prélèvements de sang pour mieux documenter la situation. Le Dr Massé a aussi rappelé son soutien au projet de site d’injection supervisée, qui permettrait de prendre en charge les consommateurs dès les premiers signes de surdose.

L’organisme Cactus Montréal, qui intervient auprès des consommateurs de drogues illégales, travaille à informer sa clientèle des dangers actuels. «Chaque personne est avisée des appels à la vigilance et des moyens de se protéger», a affirmé Sandhia Vadlamudy, directrice générale de l’organisme. On recommande notamment de ne pas consommer seul, de réduire les doses et de s’injecter lentement. La couleur inhabituelle d’une drogue peut aussi être un signe qu’elle a été coupée avec une substance dangereuse.

La DSP ne note pas de hausse récente de la consommation d’héroïne et de cocaïne à Montréal. L’utilisation de médicaments opiacés contrefaits serait toutefois de plus en plus populaire.

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