Montréal devra investir plus dans la lutte à l’agrile du frêne et possiblement abandonner les frênes du mont Royal dans la lutte à cet insecte ravageur exotique, si l’on se fie à l’expérience d’Oakville en Ontario.

Mardi prochain, ceux qui s’inquiètent de l’expansion de l’agrile du frêne suivront vraisemblablement à la Maison du développement durable la conférence de John McNeil, un arboriculteur d’Oakville, la ville de référence en matière de lutte à l’agrile. Ce dernier à été invité par le Conseil régional de l’environnement de Montréal à partager son expérience.

Depuis 2008, cette ville de 200 000 habitants et 180 000 frênes (57% sur des terrains privés) est aux prises avec l’insecte capable de tuer un frêne en moins de cinq ans.

Cette année, elle va dépenser 3,5M$ (1,5% de son budget) pour traiter 3000 frênes, en abattre 2000, en replanter environ 2500, ainsi que pour monitorer la situation et informer la population sur l’importance de s’occuper des frênes sur leur terrain. «On est chanceux, les élus nous ont octroyé les sommes demandées», indique John McNeil, directeur des services forestiers de la ville ontarienne.

Montréal, qui compte pourtant deux fois plus de frênes publics, disposera de la même somme qu’Oakville cette année. Du grain à moudre pour l’opposition officielle qui demande que l’administration Coderre augmente substantiellement les budgets.

Autre motif de crainte, le traitement au biopesticide TreeAzin ne serait pas efficace pour les frênes situés en forêt, comme ceux du mont Royal. «Comme ils sont plantés de façon plus serrée, ils ont tendance à être plus fins et plus hauts. Les traitements aux biopesticides sont donc peu efficaces, car ils n’ont pas été conçus pour ce gabarit d’arbres», indique M. McNeil.

À Oakville, 85% des frênes publics ne pourront donc vraisemblablement pas être traités, car ils sont situés dans des zones boisées. «Il ne faut pas encore baisser les bras, mais espérons que de nouvelles méthodes apparaitront pour solutionner ce problème», dit-il.

Le parc du Mont-Royal compterait 26 000 frênes. Deux frênaies sont directement situées en contrebas des deux observatoires et pourraient paraitre très clairsemées après l’apparition de l’agrile, note Sylvain Ouellet, élu de Projet Montréal

L’élu responsable de l’environnement à la Ville de Montréal, Réal Ménard, a décliné notre demande d’entrevue. Il indique toutefois que de nouvelles annonces seront faites dans le dossier de l’agrile prochainement.

Et les frênes privés?

  • Traiter un frêne de 40cm de diamètre coûte de 200$ à 300$
  • Sur dix ans, cela revient entre 1000$ et 1500$
  • L’abattre coûte entre 1200$ et 4 000$, selon  son accessibilité
  • Si le frêne fait moins de 30cm de diamètre, il est donc plus rentable de le couper

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