La Coalition vélo de Montréal (CVMBC) invite actuellement cyclistes et non-cyclistes à lui faire part de leurs suggestions dans le cadre du projet de modernisation du Code de la sécurité routière du ministère des Transports. L’organisme, qui transmettra son mémoire sur le sujet à la mi-août, a tout efois déjà une idée des changements qu’il compte proposer.

Idaho stop
La CVMBC souhaite, de façon générale, clarifier certaines zones grises dans la modernisation du Code de la sécurité routière. La mise en place de l’Idaho stop, un concept venant de l’État de l’Idaho aux États-Unis selon lequel les cyclistes peuvent traiter les panneaux de stop comme des cédez-le-passage, en fait notamment partie. «Le cycliste doit ralentir et s’assurer au préalable qu’il n’y a pas de piétons ni d’autres cyclistes engagés sur la voie avant de poursuivre son chemin», précise toutefois Pierre-Luc Auclair, porte-parole du CVMBC. Actuellement, plusieurs cyclistes procèdent déjà ainsi, et la police ac­cepte ce comportement. La création de ce règlement ne viendrait donc pas régler un problème pour les cyclistes, ajoute M. Auclair, mais plutôt éliminer l’incertitude de ceux-ci. «Certains cyclis­tes reçoivent des amendes s’ils ne font pas leur stop durant des périodes où la loi est appliquée plus sévèrement. Ça crée un double discours en ce qui concerne l’application», déplore le porte-parole.

Qu’est-ce qu’un accident ?
Selon le Code de la sécurité routière, l’emportiérage n’est pas considéré comme un accident. «Donc, il n’y a pas de statistiques disponibles, parce qu’on n’a pas de code de suivi. En plus, le cycliste peut difficilement obtenir un rapport d’accident, nécessaire pour obtenir une indemnisation auprès de la Société de l’assurance automobile du Québec», regrette M. Auclair. Le CVMBC espère donc clarifier la notion d’accident, du point de vue des cyclistes.

L’organisme souhaite que le nouveau Code de la sécurité routière puisse s’inspirer du Code de la rue, officialisé depuis 2003 en Belgique. Selon cette réglementation, les véhicules les plus dangereux doivent reconnaître leur obligation de prudence envers les moins menaçants. «Les amendes seront plus importantes pour un automobiliste qui ne regarderait pas lorsqu’un piéton traverse, que pour un piéton qui traverse sans regarder», explique le porte-parole.

Circulation à droite
L’obligation pour le cycliste de rouler à l’extrême droite de la route est un des facteurs qui l’exposent aux dangers de l’emportiérage, rappelle Pierre-Luc Auclair. Le CVMBC explore plusieurs options pour régler ce problème. «L’idée en ce moment serait de permettre aux cyclistes de rouler dans la voie de droite, plutôt qu’à l’extrême droite», avance M. Auclair. Les vélos pourraient donc circuler devant les voitures «s’ils le jugent plus sécuritaire». Reste à voir maintenant comment les voitures pourraient dépasser les cyclistes de façon sécuritaire. «Lorsque l’espace le permet, on demanderait plutôt aux voitures de changer de voie ou d’empiéter sur une voie inverse», suggère M. Auclair, qui explore aussi la possibilité d’imposer une distance fixe entre la voiture et le vélo au moment du dépassement.

Le CVMBC espère également que le ministère des Transports revoit ses normes de conceptions routières, notamment lors de la création de voies réservées aux autobus qui empêche le passage des cyclistes à l’extrême droite de la voie. «Si une voie réservée pour autobus est aménagée sur une artère, on pourrait par exemple obliger la création d’une voie cyclable», avance M. Auclair.

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