Armand Ohayon/TC Media Marie-Paule Locas

Une pétition déposée à l’Assemblée nationale revendique que les étudiants aient accès aux prestations d’aide sociale en cas d’invalidité temporaire.

Marie-Paule Locas avait perdu son emploi depuis un mois et demi lorsqu’elle a glissé sur une plaque de glace et s’est brisée la cheville. En béquilles pendant trois mois, elle a été incapable de se trouver un nouveau travail. Pour couvrir ses dépenses, l’étudiante au collègue Ahuntsic a fait des demandes au régime d’assurance-emploi et au programme d’aide sociale, qui lui ont tous deux fermé la porte au nez.

C’est que les étudiants à temps plein sont inadmissibles à ces deux programmes, bénéficiant plutôt du programme de prêts et bourses. «Pourtant, les étudiants paient aussi leur cotisation à l’assurance-emploi. C’est une déduction qu’on ne se fait pas rembourser, mais on n’a même pas le droit d’en profiter quand on en a besoin», s’est insurgée Mme Locas.

D’après le simulateur de calculs d’aide financière aux études, Mme Locas aurait pu bénéficier d’environ 1980$ pour un an, un montant qu’elle juge grandement insuffisant pour subvenir à ses besoins.

Plus d’un an plus tard, Mme Locas a décidé d’agir au palier provincial en lançant une pétition, qui a reçu l’appui de son association étudiante la semaine dernière. Elle pourrait prochainement recueillir aussi celui de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), qui compte la présenter à ses membres au cours de leur prochain congrès qui aura lieu dans environ un mois. «C’est une excellente initiative étudiante. On veut que nos membres prennent position, pour qu’on puisse être le portevoix de cette problématique auprès des instances publiques», a affirmé Alexis Tremblay, président de la FECQ.

La FECQ estime que le programme d’aide financière aux études a grand besoin d’être modernisé, puisque de nombreuses réalités ne sont pas prises en compte dans le calcul actuel de l’aide financière aux études. «C’est un problème que l’aide financière et l’aide sociale ne puissent pas se chevaucher», a-t-il aussi estimé.

«Beaucoup de jeunes n’ont accès ni à un programme, ni à l’autre, et ça crée un obstacle à la poursuite de leurs études, a pour sa part décrié Amélie Châteauneuf, porte-parole du Front commun des personnes assistées sociales du Québec. La définition du statut d’étudiant à temps plein est différente d’un programme à l’autre, de sorte qu’il est arrivé qu’une personne soit considérée comme étudiante à temps plein par l’aide sociale, mais pas par les prêts et bourses.»

Le gouvernement québécois a de son côté démontré très peu d’ouverture face à la requête de Mme Locas. «Nous ne sommes pas en mode de bonification des programmes, étant donné l’état des finances publiques difficiles», a commenté Julie White, attachée de presse du ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, spécifiant que le programme d’aide sociale n’avait pas pour objectif de financer les études.

Pour plus d’informations sur la pétition, visitez le site de l’Assemblée nationale.

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