Yves Provencher/Métro Les marins turcs avant leur départ à l'aéroport Montréal-Trudeau

C’était le grand départ dimanche soir pour la douzaine de marins turcs qui ont passé, bien malgré eux, pratiquement six mois à Sorel-Tracy, en Montérégie.

«Nous avons très hâte de rentrer chez nous, a exprimé le capitaine Semih Ozkan, quelques minutes avant de se diriger vers la porte d’embarquement à l’aéroport Montréal-Trudeau. C’était une expérience terrible et inattendue, mais nous avons été chanceux de connaître les gens du Québec. Les gens de Sorel-Tracy sont maintenant comme des frères et sœurs pour nous.»

L’histoire invraisemblable de ces travailleurs a fait couler énormément d’encre au Québec.

Selon le maire de Sorel-Tracy, Serge Péloquin, ils ont, d’abord, été payés, en avril et en mai, pour les tâches effectuées sur le Phoenix Sun, un navire qu’ils devaient remettre en état afin qu’il puisse repartir vers la Turquie pour y être démantelé.

Cependant, après ces deux mois de labeur, ils ont eu la malchance «d’être totalement abandonnés par leur employeur» avec lequel ils n’étaient plus en mesure d’entrer en communication, d’après M. Péloquin. Le politicien soutient que ce Canadien d’origine turque a alors carrément cessé de les rémunérer.

Pour essayer de venir en aide à ces malheureux et surtout pour leur permettre de rentrer chez eux, M. Péloquin a mis en branle une campagne de financement qui a rapporté près de 18000$ en espèces, des fonds destinés à être divisés entre les marins. M. Péloquin raconte qu’à ses yeux, il était tout à fait naturel de lancer une initiative comme celle-là puisque «c’était inacceptable que ces gens-là repartent d’ici avec les poches vides». Cet argent va entre autres permettre à plusieurs d’entre eux de faire un trajet de plusieurs heures en autobus à partir d’Istanbul pour rentrer chez eux. Les marins songent maintenant à poursuivre leur ancien employeur.

«La température au Québec est très froide, mais les gens sont très chaleureux.» -Le capitaine Semih Ozkan, qui part enfin rejoindre sa femme et ses enfants

 

M. Péloquin précise que des acteurs du milieu des affaires ont également fait leur bout de chemin pour les soutenir. Il pense entre autres aux dirigeants d’Air Transat qui ont accepté d’offrir les billets de retour des travailleurs.

«Merci aux Québécois, ils ont fait quelque chose d’extraordinaire. On ne va jamais oublier ça», a pour sa part commenté Gérard Emin Battika, le consul général de la Turquie à Montréal.

Avec La presse canadienne

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