Le maire de Montréal, Denis Coderre, fera le point la semaine prochaine sur l’avenir de Bixi.

Au cours de la réunion hebdomadaire du comité exécutif, il a invité mercredi ses concitoyens à lui faire part de leur intérêt pour les vélos en libre service. «Est-ce qu’on doit garder Bixi, a demandé le maire. Est-ce que c’est un service public? Est-ce que ça fait partie de notre signature? Est-ce qu’on devrait ne pas mettre l’argent là-dedans parce qu’on en perd?»

Les élus du comité exécutif débattront aussi de la pertinence pour la métropole de conserver les vélos en libre service. «Je me suis fait « leader », mais je veux une dernière discussion entre nous», a mentionné M. Coderre.

Plus de 500 villes offre à ce jour un service de vélo en libre-service, a rapporté le présidente-directrice générale de Vélo-Québec, Suzanne Lareau. «Les villes se rendent compte que c’est une façon facile et peu coûteuse pour déplacer des gens, a-t-elle expliqué. C’est un complément au transport collectif. Ça fait partie du cocktail de transport.»

Qui plus est, le système montréalais de vélo en libre-service a été bien pensé, d’après Mme Lareau. Elle a évoqué ses vélos robustes et ses bornes fonctionnant à l’énergie solaire. «On aurait l’air assez fou de dire qu’on met la clef dans la porte de ce système», a dit la pdg de Vélo-Québec.

Mme Lareau siège sur le conseil d’administration de l’organisme Bixi-Montréal qui a récemment déposé ses recommandations à la Ville afin que les vélos en libre-service puissent continuer à rouler à Montréal. Elle a préféré ne pas commenter ce que devrait devenir le réseau Bixi dans la métropole.

La Coalition vélo de Montréal, qui promeut le cyclisme urbain, croit aussi qu’il faut préserver Bixi. «Il y a tellement de retombées positives pour la Ville de Montréal, a lancé le cofondateur de la coalition, Daniel Lambert. Bixi rend le vélo plus accessible pour M. et Mme Tout-le-monde et il rehausse l’image de Montréal pour les touristes.»

Si la Ville décide de maintenir le service de vélo en libre-service, elle devrait le confié la Société de transport de Montréal et investir dans l’expansion de son service, croit M. Lambert. «Il ne faut pas aller dans la demi-mesure», a-t-il dit.

Au printemps, la Ville a mis sur pied l’organisme Bixi-Montréal à la suite de la faillite de la Société de vélo en libre-service (SVLS). Une enveloppe de 4,3M$ lui avait aussi été accordée pour gérer les vélos en libre-service au cours de la saison 2014.

Denis Coderre avait alors demandé aux Montréalais de lui démontrer leur affection pour le service public de vélos locatifs. «Je suis prêt à regarder l’avenir, mais mon rôle, c’est d’être responsable sur le plan financier», avait-il déclaré.

Au mois d’août, Bixi-Montréal avait dressé un bilan de mi-saison. Près de 587 702 déplacements en Bixi avaient été recensés en date du 31 juillet, soit 34 000 de moins qu’à pareille date au cours des dernières années. L’organisme comptait également 3000 abonnés de moins. «On y croit [à une saison 2015], avait alors indiqué la présidente de Bixi-Montréal, Marie Élaine Farley. On est convaincu que c’est un service qui doit être maintenu. On doit travailler pour assurer la pérennité du service pour les années subséquentes.»

Une somme supplémentaire de 360 000$ avait été attribuée à Bixi-Montréal par le conseil municipal au mois d’août afin qu’un contrat puisse être octroyé à 8D Technologie pour la mise à jour d’un logiciel d’exploitation. Des élus de Projet Montréal et de la Coalition Montréal avaient dénoncé le peu d’informations transmises au sujet de la gestion des vélos en libre-service.

La Ville de Montréal a mis la main sur les actifs montréalais – les vélos, les stations et autres – de la défunte Société de vélo en libre-service (SVLS) au mois d’avril. La Cour supérieure avait alors autorisé un délaissement volontaire qui faisait en sorte que la dette de 27M$ contractée auprès de la Ville était annulée. Les fournisseurs ont par contre conservé leur droit de poursuivre les autorités municipales pour obtenir leur dû, ce qu’ils ont fait au cours des mois qui ont suivi. Les activités internationales de la SVLS ont de leur côté été vendues à l’homme d’affaires Bruno Rodi pour la somme de 4M$.

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