Yves Provencher/Métro Kéven Breton, 24 ans, se déplace en fauteuil roulant.

Il reste encore beaucoup à faire pour que nos rues soient accessibles aux personnes ayant des limitations physiques ou visuelles. En prévision de la journée internationale des personnes handicapées, qui a lieu mercredi, Métro a rencontré Kéven Breton, un jeune de 24 ans impliqué, responsable des communications de l’organisme montréalais Ex æquo.

Cette année, les jeunes à mobilité réduite ont été amenés à participer plus que jamais au débat public. Comment?
Une vingtaine de jeunes vont se réunir mercredi dès 9h pour discuter des grands enjeux qui touchent les personnes avec des déficiences motrices. Cela se fera dans le cadre du Sommet «S’engager pour une voie sans obstacle» organisé par Ex æquo, qui rassemblera des représentants des partis politiques municipaux montréalais, de la Société de transport de Montréal (STM) et du milieu associatif. Il fait suite au forum consultatif que nous avons tenu en avril et à l’enquête que nous avons menée auprès de 160 jeunes. À la fin de la journée, nous allons adopter des propositions et faire une déclaration.

Quels sont les enjeux qui interpellent particulièrement les jeunes à mobilité réduite?
Les problèmes de transport compliquent leur tâche pour aller à l’école ou se présenter en entrevue. Dans le réseau de la STM, seules 7 stations sur 68 sont dotées d’ascenseurs. Un autobus régulier sur deux a des rampes avant fonctionnelles. Pour ce qui est du transport adapté, il faut le réserver la veille, il y a des délais qui peuvent aller jusqu’à 30 minutes et il est difficile de connaître l’itinéraire emprunté par le chauffeur. Ça pose un stress supplémentaire d’arriver en retard. Autre sujet: la majorité des bureaux de vote sont inaccessibles à chaque élection, ce qui pose un obstacle tangible à la démocratie. L’absence de représentation des personnes handicapées dans les milieux culturels et politiques est aussi préoccupante.

Vous vous déplacez vous-mêmes en fauteuil roulant. Selon votre expérience personnelle, quels sont les pires obstacles rencontrés dans les rues de Montréal pour les personnes ayant des limitations fonctionnelles?
Assurément, il y a le mauvais état des routes et des trottoirs. Il manque aussi de bips sonores aux intersections. Ces sons sont primordiaux pour les piétons avec des déficiences visuelles, mais sont aussi utiles pour moi. Je regarde le sol quasiment en permanence pour surveiller les nids-de-poule, et le feu sonore m’aiderait à savoir quand j’ai le temps de traverser la route. Je crains beaucoup l’hiver, parce que je ne sais jamais si des trous sont dissimulés sous la neige ou si la rampe de l’autobus pourra être déployée. Je surveille d’ailleurs avec attention le projet de diffusion des périodes de déneigement avec l’application Info-neige, qui pourrait m’aider à mieux prévoir mes déplacements.

***
Le réménagement de la rue Sainte-Catherine: une occasion en or

Kéven Breton et son collègue Luc Forget se sont récemment munis d’une caméra GoPro et ont parcouru le tronçon de la rue Sainte-Catherine compris entre les rues de Bleury et Metcalfe. Ils ont ainsi mis en lumière les éléments d’urbanisme qui font encore défaut pour les personnes à mobilité réduite sur la célèbre artère.

L’exercice avait pour objectif de conseiller la Ville dans leur projet de réaménagement de la rue Sainte-Catherine Ouest. M. Forget, qui est membre du comité consultatif d’accessibilité universelle de la Direction des transports à la Ville de Montréal, affirme que ce comité a suivi de près le développement du projet et continuera de le faire. «J’ai confiance que la rue Sainte-Catherine sera beaucoup plus accessible quand tout ce projet sera terminé», s’est enthousiasmé M. Forget.

Parmi les choses à améliorer, MM. Forget et Breton notent l’élargissement des trottoirs, l’accessibilité des commerces et l’ajout de signaux sonores aux feux de circulation. Ils proposent aussi de bétonner les passages piétonniers pour éviter que la dégradation de l’asphalte rende les trottoirs difficiles d’accès.

Aussi dans Montréal :

Nous sommes présentement en train de tester une nouvelle plateforme de commentaires sur notre site web. Grâce à Facebook Comments, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!