Yves Provencher

Constatant le faible nombre d’infrastructures à Montréal nommées en l’honneur de femmes dans les dernières années, Projet Montréal demande de s’approcher de la parité pour les futures nominations.

Les conseillères Érika Duchesne, du Vieux-Rosemont, et Valérie Plante, de Sainte-Marie, s’inquiètent qu’en 2014, le service de toponymie de la Ville de Montréal n’ai nommé que trois femmes, contre 17 hommes, pour baptiser les rues et parcs de Montréal.

Un seul grand parc à Montréal n’est nommé en l’honneur d’une femme, le parc Jeanne-Mance, ainsi que seulement sept piscines sur les 122 de la ville, ajoutent-elles.

«On a vraiment une lacune au niveau de la nomination des femmes, fait valoir Mme Pante. On demande à la Ville de Montréal d’être proactive et que la priorité soit donnée aux femmes pour les nominations des prochains arénas, parcs et places de Montréal.»

En 2010, 16 femmes ont été nommées, contre 19 hommes, ce qui prouve, selon les conseillères, qu’il est possible d’atteindre une quasi-parité.

«C’est plus facile de choisir un professionnel du sport, reconnaît Valérie Plante. Ils sont connus, aimés et ils nous viennent en tête immédiatement, mais il ne faut pas céder à la facilité.»

Questionnée sur les noms de femmes qui pourraient être honorées dans la toponymie de Montréal, Érika Duchesne propose 3 noms, dont l’une des pionnières de Radio-Canada, Michelle Tisseyre qui s’est éteinte dimanche; Cairine Wilson, 1ere sénatrice canadienne; et Henriette Dessaulles, qui a été journaliste pour Le Devoir au début du 20e siècle.

Mme Duchesne est persuadée qu’il y a suffisamment de noms de femmes pouvant faire l’objet d’une nomination afin d’arriver à la parité. «J’ai l’impression que oui. Je pense que l’effort n’est pas si grand à faire pour y arriver, mais il faut être conscients et constants», dit-elle.

La Ville de Montréal possède déjà une banque de noms comprenant plus de 400 noms en attente d’attribution, mais il n’est pas possible pour les élus en arrondissement d’avoir accès à cette liste, ni de connaître les noms de femmes disponibles. Malgré cette liste bien fournie, la Ville de Montréal indique sur son site internet qu’elle ne pourra «procéder dans un proche avenir qu’à la désignation de quelques lieux».

Pour corriger la situation, il faudrait, selon les deux élues, une «stratégie globale», pour faciliter la nomination de femmes.

«Les décisions [pour nommer les infrastructures] se prennent dans chacun des arrondissements, autour d’une table. Parfois, on manque peut-être de connaissance sur les femmes, qui ont souvent eu des rôles dans l’ombre», regrette Mme Duchesne qui estime que la banque de noms devrait être accessible ou que plus de recherches soient faites pour faciliter la nomination de femmes.

L’administration Coderre n’a pas réagi à cette demande de Projet Montréal. Les spécialistes à la Ville de Montréal n’étaient pas disponibles pour répondre aux questions de Métro. On nous a référé au plan d’action de la politique «Pour une participation égalitaire des femmes et des hommes à la vie de Montréal», qui indique simplement qu’«il existe une discrimination positive en la matière depuis une vingtaine d’années. Au moment d’une désignation d’un toponyme [à la Ville de Montréal], si le choix existe entre un nom d’homme et un nom de femme, ce dernier sera privilégié».

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