Yves Provencher/Métro

Près d’une centaine de professeurs et de chargés de cours de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) ont bravé le froid mardi pour dénoncer le recul de leurs conditions de travail demandé par la direction.

«[M. le recteur], vous attaquez sans scrupule la mission même de l’université et vous dégradez les conditions des travail et d’études de sa communauté», a fulminé la présidente du syndicat des professeurs, Michèle Nevert, devant la communauté universitaire massée devant les bureaux du recteur, Robert Proulx.

Un plan d’atteinte à l’équilibre budgétaire 2015-2018 a été présenté il y a deux semaines à la communauté universitaire en raison du manque à gagner de près de 20M$ anticipé par l’UQAM pour l’année 2015-2016. Il est demandé aux professeurs et aux chargés de cours d’accepter une baisse de leur rémunération de 2%, en plus de l’abolition de 150 charges de cours et de 65 dégrèvements en recherche.

«Ce sont des hypothèses de travail, a insisté le vice-recteur aux affaires administratives et financières de l’UQAM, André Dorion. Rien n’est fixé. L’université n’imposera jamais des modifications unilatérales aux conditions de travail [de ses employés]. Ce qui est conventionné sera respecté.»

M. Dorion a précisé que ne sont pas des cours qui seront annulés, mais plutôt «des charges d’enseignement», ce qui fera en sorte que les étudiants seront plus nombreux dans les classes puisqu’un même cours sera donné moins souvent. Le corps professoral est pessimiste devant cette perspective.

D’après les professeurs et les chargés de cours, ce sont les mauvaises décisions financières qui sont à l’origine du déficit de 20M$. Ils reprochent à l’administration de l’UQAM d’avoir pigé dans son budget de fonctionnement pour réaliser des projets d’immobilisation. Mme Nevert a, entre autres, donné l’exemple de la restauration du clocher de l’UQAM évaluée à près de 15M$.

«On devrait aller chercher l’argent au ministère de la Culture ou à l’hôtel de ville de Montréal et ce qu’on nous dit, c’est qu’on va prendre l’argent dans les budgets de l’UQAM», a dénoncé la chef syndicale.

«On est tannés que l’argent du fonctionnement soit viré vers le béton», a lancé pour sa part la présidente du syndicat des chargés de cours, Marie Blais.

La direction de l’UQAM a indiqué que le projet restauration du clocher est toujours sous analyse et que des représentations sont faites auprès du gouvernement et d’organismes privés pour obtenir du financement.

André Dorion a indiqué que les transferts à partir du fonds du fonctionnement vers le fonds d’immobilisations se font en fin d’année dans toutes les universités selon des règles budgétaires strictes. Il a ajouté que c’est le vérificateur général du Québec qui analyse les états financiers de l’université. «C’est assez difficile de faire des entourloupettes au vérificateur général», a-t-il dit.

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