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La consultation publique annoncée par Montréal sur l’avenir des sacs de plastique fait craindre le pire aux commerçants.

La Ville de Montréal a confirmé mercredi qu’elle tiendra au mois de mai une consultation publique sur la possibilité de bannir les sacs de plastique dans tous les commerces de la métropole.

Mais déjà, les commerçants comptent s’opposer à cette possibilité, faisant valoir des pertes économiques importantes si Montréal allait de l’avant.

«Ce qui peut arriver, c’est que le consommateur à l’épicerie se rende compte qu’il n’a pas son sac [réutilisable], il n’a pas le goût d’en acheter un parce qu’il en a déjà beaucoup à la maison, donc il réduit ses achats ou laisse tomber», a fait valoir à Métro Martine Hébert, vice-présidente principale de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, qui compte se présenter devant la Commission municipale sur l’environnement qui tiendra cette consultation.

Il est toutefois impossible pour Mme Hébert de chiffrer cet «impact important» que pourrait avoir le bannissement des sacs de plastique sur les commerçants comme les épiceries, les pharmacies ou les quincailleries. «On nage dans les hypothèses à l’heure actuelle (…), mais quand on pose la question à des commerçants, ils nous répondent que, oui, il y aurait des impacts négatifs sur les entreprises», indique-t-elle.

Les défenseurs de l’écologie voient quant à eux d’un bon œil cette consultation de la Ville. «Les sacs en plastique sont une menace sérieuse pour les espèces comme les tortues de mer qui confondent les sacs à des méduses. Ils obstruent les voies digestives des tortues qui peuvent alors mourir de faim», donne en exemple David Miller, président et chef de la direction du Fonds mondial pour la nature qui a retrouvé 18 232 sacs d’épicerie en plastique sur les berges canadiennes lors d’un grand nettoyage en septembre dernier.

Mais Mme Hébert déplore que la Ville pense à une «mesure coercitive» plutôt qu’à des incitatifs. Elle croit que Montréal devrait plutôt penser à offrir des crédits de taxes foncières à des artères commerciales qui s’engageraient à réduire de façon transitoire l’offre de sacs de plastique. «Plutôt que d’interdire, pourrait-on œuvrer à faire en sorte que [l’utilisation de sacs de plastique] devienne une exception?», lance la porte-parole.

Le responsable de l’environnement au comité exécutif de la Ville, Réal Ménard, assure qu’il compte faire une consultation la plus large possible et discuter autant avec les producteurs, les écologistes, les consommateurs que le commerce de détail. «Le commerce de détail nous préoccupe, il y a des facteurs de concurrence extrêmement grands avec le télémarketing», a fait valoir M. Ménard, rappelant que «1 milliard de sacs de plastique se retrouvent dans les dépotoirs».

La Commission devra entre autres analyser les retombées écologiques et les solutions de rechange, en plus de mesurer les impacts sur les commerces, les fabricants et sur la gestion d’une telle règlementation.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, a rappelé hier que cette idée de lancer une consultation sur l’avenir des sacs de plastique à Montréal était son initiative, en novembre dernier. «Les sacs de plastique, les bouteilles de plastique, ce n’est pas juste dans les dépotoirs, c’est aussi dans les cours d’eau. Alors c’est un débat qui est sain et qui est important pour la qualité de vie des gens.»

Impacts
L’instauration de frais de 5¢ pour l’utilisation d’un sac de plastique dans les épiceries du Québec aura eu un impact positif, selon les données de Recyc-Québec. Entre 2007 et 2010, l’utilisation globale des sacs de plastique a chuté de 52% pour l’ensemble du commerce de détail. Les Québécois ont utilisé 1 milliard de sacs de plastique en 2010 comparativement à 2,2 milliards trois années plus tôt.

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