MONTRÉAL – Le gouvernement Couillard a finalement renoncé à imposer une compression additionnelle de 4,5 millions $ à la Ville de Montréal, cette fois dans le domaine de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale.

En vertu d’une entente administrative conclue à la fin des années 1990, Québec versait annuellement à Montréal des sommes destinées à la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, sommes qui ont atteint 9 millions $ l’an dernier.

«L’entente devait être coupée de 4,5 millions $. Dans les livres, on perdait la moitié», a indiqué le maire de Montréal, Denis Coderre, en conférence de presse, jeudi.

L’entente venait à échéance à la fin du mois de mars et, dans le cadre de la révision des programmes, Québec avait en effet décidé de ne verser, pour la prochaine année, que la moitié du montant de l’année précédente, soit 4,5 millions $.

La décision avait été très mal accueillie par la Ville de Montréal et avait secoué le milieu communautaire; les sommes, utilisées par plus de 300 organismes, ont permis l’an dernier la réalisation de plus de 500 projets au bénéfice de 350 000 personnes. La réduction de moitié de l’enveloppe aurait signifié la disparition de nombreuses initiatives de soutien aux plus démunis.

Denis Coderre a fait valoir que la métropole avait déjà fait sa part en acceptant une compression de 75 millions $ dans les transferts de Québec en marge du pacte fiscal provisoire conclu à la fin de 2014.

«La société civile, l’opposition, nous-mêmes, nous avons dit que ça n’avait pas de bon sens parce qu’on en a déjà donné 75 (millions $)», a-t-il dit.

L’annonce de la reconduction de l’entente et du maintien des sommes initiales au même niveau a été faite en grande pompe à l’hôtel de ville de Montréal par, outre le maire Coderre, les ministres Sam Hamad et Pierre Moreau, responsables respectivement de la Solidarité sociale et des Affaires municipales.

Il a cependant fallu questionner longtemps les trois élus avant d’apprendre qu’il ne s’agissait pas simplement de la reconduction d’une entente ou d’une injection d’argent neuf, mais bien de rétablissement de sommes qui avaient initialement été amputées d’une enveloppe existante.

Le maire n’a d’ailleurs pas caché son irritation lorsqu’on lui a fait remarquer que le fait de tenir une conférence de presse pour se réjouir de ne pas subir une compression était un signe des temps.

«Il faut se réjouir et il ne faut surtout pas être cynique, a pesté M. Coderre. Ça veut dire que vous avez un gouvernement qui est à l’écoute. Ça veut dire qu’il y a des gens qui ne travaillent pas en vase clos.»

Par ailleurs, dans les minutes suivant la conférence de presse, une vingtaine de manifestants opposés au règlement P-6 qui encadre les manifestations à Montréal se sont présentés à l’hôtel de ville, sans toutefois que leur présence ne soit reliée à l’annonce du jour.

Une poignée d’entre eux ont même réussi à y pénétrer avant d’être refoulés à l’extérieur, non sans avoir fait du bruit, mais sans qu’aucune autre conséquence n’en découle.

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