Yves Provencher/Métro Jacques Turgeon

Jacques Turgeon revient à son poste en obtenant l’assurance qu’il n’y aura plus d’ingérence au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM).

Après avoir démissionné de son poste de président-directeur général jeudi dernier, accusant le ministre Gaétan Barrette d’abus de pouvoir et d’ingérence et entrainant plusieurs membres du conseil d’administration de l’établissement dans son sillon, Jacques Turgeon a annoncé mardi qu’il acceptait de revenir.

Ce retour fait suite à des discussions avec Dr Barrette et avec le premier ministre Philippe Couillard.

M. Turgeon tenu à mentionner qu’il n’avait pas de conflit personnel avec M. Barrette. «C’était une question de principes et de perception. Sur ces principes de gouvernance, nous n’étions pas d’accord», a-t-il expliqué en conférence de presse.

M. Barrette semble aujourd’hui avoir changé de perception puisqu’il a accepté quatre conditions posées par M. Turgeon. «La gestion de l’établissement se fera dans le respect intégral des processus en place et avec toute la latitude et la légitimité nécessaire pour le PDG et le conseil d’administration», a exposé M. Turgeon.

Le PDG dénonçait que M. Barrette veuille le forcer à reconduire le Dr Patrick Harris à la tête du département de chirurgie alors que ce dernier n’était pas le choix du conseil d’administration. Des problèmes de harcèlement et d’intimidation au département de chirurgie étaient évoqués. Un comité de sélection est maintenant déjà en marche pour nominer le successeur de M. Harris et il doit agir en toute indépendance.

M. Barrette s’est par ailleurs engagé à considérer la candidature de tous les membres démissionnaires du conseil d’administration au moment venu, en particulier celle de l’ancien président Jean-Claude Deschênes.

Finalement, un mécanisme de résolution de problèmes entre les dirigeants du CHUM et le ministère sera mis en place et un comité sera formé pour «proposer des actions en vue de raffermir la coopération entre le corps médical et l’administration».

M. Turgeon a qualifié les démarches faites par le CHUM de «rassurantes» pour l’ensemble des établissements dans le contexte de l’entrée en vigueur du projet de loi 10 en avril.

Le conseil d’administration du CHUM a convoqué une réunion spéciale mercredi pour nommer M. Turgeon jusqu’à la fin de son mandat, soit le 31 mars. Il sera ensuite reconduit pour trois ans.

Le Parti québécois considère que l’intervention du premier ministre Philippe Couillard dans ce dossier constitue un désaveu à l’égard de son ministre de la Santé.

«En faisant tout pour maintenir le directeur général du CHUM en place, le premier ministre confirme s’être rangé derrière sa version des faits. Nous réitérons notre demande d¹enquête indépendante sur les agissements du ministre et sur les potentiels autres cas d¹ingérence dans les nominations», a indiqué par communiqué le porte-parole de l’opposition officielle en matière d’éthique et d’intégrité Stéphane Bergeron.

 

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