Les 110 carrefours jeunesse-emploi (CJE) partout au Québec s’inquiètent des nouvelles règles imposées par le gouvernement. Ces règles, disent-ils, réduiront le nombre de jeunes pouvant avoir accès à leurs services.

Dans une lettre ouverte publiée mercredi, les CJE, qui offrent des services d’accès à l’emploi, affirment que depuis l’entrée en vigueur de ces nouvelles orientations, le 1er avril, «l’accès [aux] CJE dépend [du] statut socioéconomique» du jeune.

Québec demande maintenant aux CJE de servir prioritairement les jeunes prestataires de l’aide sociale et de l’assurance-emploi. Ceux-ci devront constituer 60% de la clientèle des CJE. Selon Martin Choquette, directeur général du CJE Montréal centre-ville, les jeunes en situation précaire, soit ceux qui ont un revenu de moins de 23 000$, devront également faire partie des priorités des CJE de Montréal, et les étudiants à temps plein ne pourront plus être desservis par ces carrefours.

La lettre soutient également que «le gouvernement a décidé que certains jeunes ne méritaient plus de profiter de [leur] expertise».

«Avant, on offrait nos services sans aucune discrimination, c’était un service public, pour tous les jeunes. Aujourd’hui, on nous demande de prioriser et de cibler des jeunes qui sont plus éloignés du marché du travail», constate M. Choquette.

«Chose certaine, ce sera beaucoup plus difficile d’avoir accès aux services des CJE. Maintenant, il y a un alourdissement administratif qui est imposé par le gouvernement», ajoute Alexandre Soulieres, directeur général du Réseau des carrefours jeunesse-emploi du Québec.

Il souligne que même les étudiants à temps partiel devront maintenant faire l’objet d’une approbation d’Emploi-Québec pour obtenir les services des CJE.

«On les appelle “l’autre jeunesse”», dit M. Choquette au sujet des jeunes qui ne feront plus partie de la clientèle prioritaire. Mais difficile pour les organismes de calculer le nombre exact de jeunes pour qui l’accès aux CJE sera réduit, soutient toutefois M. Soulieres.

«Les services offerts par les CJE sont recentrés dans une optique d’intégration en emploi et de sortie de l’aide financière, affirme Salim Idrissi, porte-parole du ministre du Travail, Sam Hamad. Oui, il y a des clientèles prioritaires, mais elles ne sont pas exclusives», nuance-t-il.

Sur le fait que les CJE interprètent tout de même ces nouvelles règles comme une réduction de la clientèle admissibles, M. Idrissi se contente de réitérer que : «Qui dit clientèle prioritaire ne dit pas nécessairement exclusive.»

Les CJE assurent qu’ils ne laisseront «aucun jeune de côté [et prendront] les moyens nécessaires pour qu’aucun ne tombe entre deux chaises».

Les nouvelles priorités imposées par le gouvernement ont été convenues en février dernier par des ententes avec l’ensemble des 110 CJE du Québec dans lesquelles le gouvernement dit avoir investi 45,5 M$.

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