MONTRÉAL – Montréal aura un parc de 1000 véhicules électriques en libre-service d’ici 2020, mais la forme que prendra cette offre de transport reste à déterminer.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, a annoncé mardi le lancement d’un appel d’intérêt international, en juin prochain, afin de sonder l’offre disponible, ce qui sera suivi d’un véritable appel de propositions en octobre.

Le maire espère pouvoir commencer la mise en place du programme de VLS électriques dès le printemps 2016. Des ententes sont déjà prévues avec Stationnement Montréal, Hydro-Québec et la Commission des services électriques de Montréal pour le déploiement d’un important réseau de bornes de recharge.

Cependant, l’exploitation du réseau et la fourniture de véhicules seront entièrement laissées à l’entreprise privée, le maire Coderre indiquant clairement que la Ville n’avait aucune intention d’assumer le même risque que lors du lancement du service de vélo en libre-service Bixi.

«La différence c’est que là, je ne m’embarque pas dans une aventure commerciale. (…) On embarque sur l’électrification», a précisé le maire, ajoutant que le secteur privé était d’ailleurs déjà bien présent dans cette niche d’affaires.

«Car-toGo est là, Communauto est là et il y a d’autres joueurs qui peuvent démontrer leur intérêt», a-t-il fait valoir.

Bien qu’elle soit favorable à l’électrification des véhicules en libre-service, l’opposition à l’hôtel de ville craint que l’appel de propositions favorise la création d’un monopole.

Le conseiller de Projet Montréal et vice-président de la Commission des transports, Alex Norris, a fait valoir qu’un monopole créait une pression à la hausse sur les prix, notant que le coût d’utilisation d’un véhicule libre-service à Paris, où la firme Bolloré détient un tel monopole, est le double de celui de Montréal.

Il a ajouté que le fait de s’attacher à un fournisseur unique lierait la métropole à la technologie de ce fournisseur, et ce, même si elle devenait désuète.

Alex Norris est allé jusqu’à laisser entendre que le maire Coderre avait déjà fait son lit dans ce dossier.

«Ç’a toutes les apparences d’un appel d’offres dirigé afin de favoriser un fournisseur, à savoir Bolloré», a-t-il affirmé en point de presse.

«On sait que le maire Coderre a eu des contacts avec le président de cette entreprise lors de ses voyages en France et on sait que le commissaire au lobbyisme entreprend en ce moment une vérification», a ajouté M. Norris.

Du côté des exploitants, la décision d’aller en appel d’offres a été accueillie froidement.

Le directeur des relations publiques de Communauto, Marco Viviani, estime que cela ne fait que retarder l’électrification de sa flotte puisqu’il faut maintenant attendre de voir si son entreprise obtiendra une part du gâteau.

Communauto, qui possède déjà 30 voitures électriques, doublera ce nombre cet été et M. Viviani soutient qu’il pourrait aller de l’avant beaucoup plus rapidement si l’administration cherchait à soutenir l’industrie plutôt que d’agir de la sorte.

«On ne comprend pas exactement c’est quoi la ‘game’, pourquoi la Ville ne veut pas mettre tout de suite des incitatifs pour que nous on progresse avec l’électrification», a déploré M. Viviani.

«Car-to-Go s’implique aussi (dans l’électrification) et s’il y en a un troisième qui veut venir, il fera la même chose. Comme ça on va tout de suite donner aux citoyens un libre-service électrique et efficace», a fait valoir le cadre de Communauto.

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