MONTRÉAL – Des proches de certains des 43 étudiants disparus dans le sud du Mexique en septembre sont de passage à Montréal cette semaine.

Lundi matin, Hilda Legideño Vargas, la mère du disparu Jorge Luis Clemente Balbuena, membre du comité des étudiants de l’École normale d’Ayotzinapa, ainsi que le professeur émérite Pierre Beaucage, du département d’anthropologie de l’Université de Montréal, s’adresseront aux médias.

La Délégation d’Ayotzinapa demande aux autorités canadiennes de faire en sorte que le Mexique respecte les normes internationales en matière de droits de la personne et mettent en place des mesures pour venir en aide aux victimes de la crise des droits humains qui, selon elle, sévit actuellement au Mexique.

Le groupe voudrait également que le Canada se serve de ses liens économiques avec le Mexique pour faire pression sur le gouvernement d’Enrique Peña Nieto.

Les étudiants sont disparus après des confrontations avec la police à Iguala, dans l’État de Guerrero, qui ont aussi fait six morts et 25 blessés. Le procureur général pense que le maire de la ville d’Iguala aurait ordonné aux policiers d’arrêter les étudiants, avant de les remettre au groupe criminel Guerreros Unidos. Celui-ci les aurait tués; certains suspects ont déclaré avoir brûlé les 43 corps dans un dépotoir avant d’en disperser les cendres dans une rivière.

Gerardo Aiquel, responsable de l’Amérique latine au sein de l’organisme L’Entraide missionnaire, affirme que les citoyens canadiens peuvent avoir une influence sur la suite des choses au Mexique.

«Le Mexique profite énormément du tourisme, notamment de la visite de nombreux Canadiens et Québécois. Nous ne pouvons pas rester insensibles aux événements qui se déroulent dans ce pays que nous fréquentons. Nous avons un pouvoir économique, mais aussi un devoir éthique», a-t-il indiqué lors d’un entretien avec La Presse Canadienne, dimanche soir.

M. Aiquel n’invite pas au boycottage de cette destination prisée des voyageurs québécois, mais encourage les citoyens à contacter leur député pour faire connaître leurs préoccupations quant aux violences qui se déroulent au Mexique.

«On ne peut rester insensible. Il y a des centaines de personnes assassinées dans certains États du Mexique, en plus des milliers de personnes disparues. Le Canada continue pourtant de considérer le Mexique comme un pays sûr», dénonce Gerardo Aiquel.

Le Comité pour les droits humains en Amérique latine (CDHAL) — partenaire québécois de la délégation — rappelle que même si le Canada reconnaît le Mexique comme un «pays sûr», plus de 23 000 personnes auraient disparu au Mexique de 2007 à 2014, selon les statistiques gouvernementales mexicaines.

Depuis le 12 avril, la délégation effectue une tournée pancanadienne qui doit s’arrêter à Montréal, Québec, Vancouver, Ottawa, Guelph et Toronto d’ici le 2 mai.

Le 23 avril, ils seront à l’Assemblée nationale du Québec pour présenter leurs revendications. Le 28, ils témoigneront devant le sous-comité des droits internationaux de la personne du Parlement canadien, à Ottawa.

Dimanche, certains membres des familles des disparus se sont rendus à Boston, aux États-Unis. Ils ont assisté à une messe avant de prendre part à une marche et à des prières. Ils adressent les mêmes demandes au gouvernement américain qu’au Canada.

Un grand rassemblement est aussi prévu à New York le 26 avril.

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