Denis Beaumont/Métro Yves Lalumière

Le Grand Prix du Canada aura bientôt 50 ans et son public ne rajeunit pas. Dans les années à venir, il faudra renouveler la clientèle, croit le PDG de Tourisme Montréal, Yves Lalumière, sans cesser d’attirer davantage de touristes qui viendront dépenser en ville.

À quel point le Grand Prix est-il important pour Montréal?
Il n’est pas important que pour Montréal, mais aussi pour le Québec et le Canada. Le Grand Prix est l’événement canadien le plus connu à l’international. Aucun autre événement nous donne une vitrine télévisuelle aussi importante.

Les chiffres sur les retombées économiques varient grandement…
Le chiffre avec lequel nous nous entendons avec Tourisme Montréal et la mairie, c’est 90M$ en retombées. Est-ce que c’est plutôt 105M$ ou 80M$? Nous le saurons à l’automne, à l’issue d’une nouvelle étude que vous venons de commander, puisque l’exercice n’avait pas été fait depuis longtemps. Le Grand Prix, c’est le moment de l’année, avec le Festival international du film de Toronto, où les chambres d’hôtel sont les plus chères au Canada. Le taux d’occupation atteint les 95%.

Comment Tourisme Mont­réal se sert-il du Grand Prix pour vendre Montréal?
Ce qui est important pour nous, c’est l’aspect touristique. C’est bien que les Montréalais s’approprient leur Grand Prix, mais nous voulons aussi attirer des gens de l’extérieur qui dépensent de l’argent neuf. Nous sommes très actifs dans les marchés de proximité comme Toronto, New York ou Washington. Pour tous les grands événements montréalais, nous travaillons très fort pour qu’il y ait un grand nombre de touristes parmi les visiteurs. C’est beau de donner des subventions, mais celles-ci doivent donner des résultats.

Quel public vise-t-on avec le Grand Prix?
Il y a beaucoup de gens qui reviennent naturellement. Quand le Grand Prix se termine, 30% renouvelle pour l’année suivante. Mais le Grand Prix du Canada aura 50 ans en 2017 et force est de constater que le public vieillit avec l’événement. Il est donc important de renouveler la clientèle. Cette année, on travaille fort pour attirer les jeunes, en proposant une offre plus familiale. Montréal plaît aux jeunes, surtout grâce aux festivals et à son côté «rebelle». Dans le créneau sportif, il y a un travail plus important à faire pour les attirer.

Le but premier est toutefois d’attirer une clientèle qui a un pouvoir d’achat…
C’est sûr que nous souhaitons développer le marché du luxe. Durant le Grand Prix, il se brasse des affaires dans les restaurants, les boutiques et les galeries d’art de Montréal. C’est bien aussi que Montréal retrouve ce côté glamour et sexy qui caractérise l’événement. Ceci dit, nous travaillons fort pour que les retombées du Grand Prix se fassent sentir dans plusieurs quartiers. Le Grand Prix, c’est le parc Jean-Drapeau, mais c’est aussi le Vieux-Montréal, le casino, le centre-ville, le Plateau… Tous les Montréalais doivent vivre la fièvre de la F1.

Montréal travaille à attirer une autre course en ville, celle de la Formule E, avec ses voitures électriques. Où en sommes-nous?
Ça va très bien. Le maire devrait finaliser l’entente sous peu et je suis convaincu qu’on aura un premier Grand Prix en septembre 2016. C’est un bel événement qui attire une clientèle différente. Une douzaine de pilotes sur le circuit ont déjà fait de la F1, alors ce n’est pas n’importe quoi! Présenté sur un circuit urbain – et non au circuit Gilles-Villeneuve –, l’événement serait une autre belle vitrine télévisuelle pour Montréal.

Il y a peu de grands événements sportifs à Montréal, qui est pourtant une ville olympique. Faut-il diversifier l’offre?
Montréal a besoin de grands événements, qu’ils soient sportifs ou non. J’adorerais, par exemple, que le pape vienne nous visiter. Il est vrai qu’on oublie parfois que nous sommes une ville olympique. L’ouverture du musée olympique, le 9 juillet prochain, nous le rappellera peut-être. Montréal veut aller chercher le Mondial 2026, et nous aurons la Coupe du monde féminine de la FIFA dans les prochains jours; il y aura de grands événements en 2017 pour le 375e anniversaire de la ville, comme la finale du Championnat de hockey junior, en janvier, et le 50e du Grand Prix du Canada. Denis Coderre aime le sport, alors ça aide.

La clientèle du Grand Prix

  • 50% vient du Québec (dont 35% de Montréal)
  • 22% vient du reste du Canada
  • 20% vient des États-Unis (on prévoit jusqu’à 25% cette année grâce au taux de change)
  • 8% vient d’ailleurs dans le monde (et reste en moyenne 7,3 jours en ville)
  • 95% vient spécifiquement pour le Grand Prix

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