Le square Viger fera peau neuve au coût de 28M$. La Ville de Montréal entend revoir complètement l’aménagement de la place publique en démantelant l’Agora, la structure de béton imaginée pas le sculpteur Charles Daudelin.

«La question de l’Agora est réglée et on y va à fond de train», a affirmé vendredi le maire de Montréal, Denis Coderre. Ce dernier a souligné la dangerosité de l’état des lieux actuel et la nécessité de revitaliser l’espace public situé dans un quartier en pleine revitalisation.

Le square Viger deviendra une aire ouverte où seront disposés des arbres et du mobilier urbain. La Ville souhaite laisse une place à la fontaine Mastodo de Charles Daudelin, mais rien n’est moins sûr puisque la famille est mécontente de la destruction de l’Agora.

«Si la famille Daudelin veut ravoir [le Mastodo], on va lui redonner, mais on va être triste», a dit M. Coderre.

À l’origine, le square Viger était une place publique où un marché était érigé. Il est par la suite devenu un jardin public, avant d’être complètement ravagé par la construction de l’autoroute Ville-Marie et du réseau du métro. Trois artistes, Charles Daudelin, Claude Théberge et Peter Gnass, ont ensuite reçu le mandat dans les années 1980 de concevoir des places publiques.

«Malheureusement, cette expérience n’a pas donné les résultats escomptés et le square Viger est rapidement devenu un endroit malaimé», a dit le maire Coderre.

L’Agora du square Viger fait partie des sites emblématiques menacés par Héritage Montréal. Pour cet organisme de défense du patrimoine, l’Agora se veut «une grande œuvre de Daudelin». «La source actuel de l’état actuel du square, c’est beaucoup moins l’Agora elle-même que l’absence d’un tissu urbain autour», a dit le directeur des politiques à Héritage Montréal, Dinu Bumbaru. Il a souligné que la Ville de Montréal a manqué à son engagement d’animer le site et que des modifications à l’oeuvre de Daudelin pourraient suffire à revitaliser la place publique. M. Bumbaru doit rencontrer lundi l’élu responsable de la stratégie pour le centre-ville, Richard Bergeron.

Les travaux au square Viger commenceront à l’automne prochain. Deux îlots seront complètement refaits à temps pour le 375e anniversaire de Montréal, en 2017. Ce chantier signifie que les personnes itinérantes qui s’y arrêtent devront un autre endroit. La Ville entend trouver des solutions pour aider ces sans-abris avec l’aide notamment du Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM) et du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM). Celui-ci doit d’ailleurs dévoiler sous peu un projet de santé urbaine en ce sens.

L’organisateur communautaire du RAPSIM, Bernard Saint-Jacques, s’attend à des déplacements de la population itinérante qui fréquente le square Viger. «On a du temps pour se préparer et voir ce qui possible de faire pour favoriser l’inclusion», a dit M. Saint-Jean. Il a salué l’initiative de la Ville qui a pour but d’aider ces personnes itinérantes, mais il a précisé qu’il n’y aura pas qu’une seule solution pour l’ensemble de la population marginale qui passe par le square Viger.

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