Yves Provencher/Métro Michel Labrecque

La vocation du Stade olympique, bien que nébuleuse pour de nombreux Montréalais, est établie et ne changera pas, dit Michel Labrecque. La métropole a besoin d’un stade couvert de 50 000 places, répète le président-directeur général du Parc olympique.

Le Stade olympique sera-t-il toujours mal-aimé?
Ceux qui ne l’aiment pas vont finir par mourir… Mon travail n’est pas de le faire aimer, mais de le faire connaître. C’est plus facile d’aimer quand on connaît. Que les gens ne l’aiment pas ou l’utilisent comme tête de Turc, ça m’indiffère. Quand j’ai accepté ce travail, je connaissais l’état d’esprit général des Montréalais par rapport au stade. Je savais aussi que c’était une œuvre architecturale unique et complexe. On ne peut pas ne pas l’entretenir. Le stade est occupé 180 jours par année. C’est l’équipement olympique postmoderne qui a été le plus utilisé. Nous avons accueilli 61 000 personnes pour la finale de la CONCACAF. Le stade est beaucoup plus fort que nous. On va constater sa pertinence sur beaucoup plus que 40 ans.

Si un stade de baseball est construit au centre-ville, à quel point cela fera-t-il du tort au Stade olympique?
On ne nous enlèvera pas les clients du baseball, car ils ne sont déjà plus ici! Puis, ce stade ne serait pas couvert, ce qui veut dire qu’on ne pourrait pas y tenir de spectacles ou de salons d’octobre à avril. Cela dit, le retour du baseball à Montréal passera par le Stade olympique et, une fois le projet concrétisé, on risque d’avoir besoin du Stade olympique au printemps et à l’automne neigeux. Je réitère également que le Stade olympique peut être remis en grande santé événementielle avec des investissements bien moins importants que ceux que demande la construction d’un nouveau stade.

Faut-il lancer un concours international d’idées pour la requalification du stade?
Des études sur le stade, il y en a haut comme la tour! Conclusion: c’est un stade polyvalent. Tous les plans qui viseraient à en faire un plus gros Biodôme ou un parc de glissoirs d’eau ne tiennent pas la route. On a le droit de penser qu’on peut se passer du stade. Moi, je considère que Montréal, comme ville nordique, a besoin d’un stade couvert de 50 000 places. Afin de réunir la population tantôt pour un concert, tantôt pour la visite du pape, tantôt pour un congrès de milliers de personnes. Ensuite, est-ce qu’il est modulable? Oui. De préférence avec une toiture qui fait sa job. On ne sortira pas de lapin d’un chapeau.

Si cette vocation est si bien établie, pourquoi la ministre du Tourisme, Dominique Vien, dit en chercher une pour le stade?
Je pense qu’elle dit qu’il faut insister sur les forces du stade en matière de capacité et de polyvalence. Dans le dossier d’opportunités que nous allons lui remettre à l’automne, nous indiquerons quelles sont les avenues à emprunter. Quels sont les événements que nous pouvons attirer? Quels sont les revenus que nous pouvons en tirer? Tout le monde reste attaché à l’idée d’avoir une équipe résidente au stade. Mais il y a un stade de soccer, un stade de football, un aréna de hockey et un stade de tennis en ville, donc il n’y aura pas d’équipe résidente au Stade olympique. De toute façon, au soccer et au football, on parle de 15 ou 20 parties par année…

«Le stade, c’est un amphithéâtre de 50 000 places modulable et polyvalent sous-estimé des gens.» – Michel Labrecque

La question de la toiture qui arrive à sa fin de vie sera au cœur du dossier d’intentions remis à Québec. Où en sommes-nous dans la réflexion?
Nous devons présenter les différents scénarios à la ministre: toiture fixe ou rétractable, souple ou rigide. L’idée, c’est de montrer aux décideurs les risques et les avantages des différentes options. Nous ferons une recommandation à Québec.

La toiture fixe et souple semble être la voie à privilégier…
Si la décision avait été facile et peu coûteuse, elle aurait déjà été prise. Tous les scénarios ont des avantages et des désavantages, des risques, des durées de vie, des coûts différents. Le rapport de Mme Bissonnette suggérait de rester ouvert au concept original du stade [donc une toiture rétractable]. Il y a peu d’événements dans le monde qui demandent une toiture ouverte.

Donc, on ne risque pas de voir un stade à ciel ouvert…
Ça voudrait dire une dégradation de l’infrastructure qui n’a pas été conçue pour ça. Les stades Saputo, Uniprix et Percival-Molson ne sont pas couverts et ils ne sont pas ouverts l’hiver. Est-ce qu’une métropole a besoin d’un amphithéâtre couvert de 50 000 places? Oui. L’hivernage est obligatoire au cas où un pépin surviendrait au cours de l’installation et où la pose du nouveau toit prend du retard.

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