Yves Provencher/Métro

TAG-VéloFavorisant l’activité physique et la réduction des gaz à effet de serre, la pratique du vélo a de nombreux avantages et de nombreux adeptes, mais elle n’est pas sans risque sur l’île aux cent clochers. Pour le dernier article de cette série, Métro se penche sur la surreprésentation des taxis et des autobus dans les accidents de vélo.

En 2014 à Montréal, 13% des collisions avec des cyclistes impliquaient des taxis, des autobus ou des camions, alors que ces véhicules ne représentaient que 3% de tous les véhicules en circulation sur l’île, selon des données obtenues auprès de la Société de l’assurance automobile du Québec.

Pour le Bureau du taxi de Montréal, il ne faut pas oublier que les taxis sont bien plus souvent sur la route que les autres véhicules. «Les propriétaires de taxis veulent que leurs voitures roulent 24 heures sur 24 pour les rentabiliser, rappelle Marie-Hélène Giguère, porte-parole du Bureau. Les véhicules roulent beaucoup plus d’heures, font beaucoup plus de kilométrage avec parfois trois chauffeurs différents.»

Cette présence accrue sur le réseau routier pourrait expliquer en partie un plus grand nombre d’accidents. Marie-Hélène Giguère reconnaît cependant que les écoles de taxis pourraient accorder une plus grande attention à la problématique. «La Politique sur l’industrie du taxi va être révisée pour s’assurer qu’elle corresponde bien aux besoins. Ce sujet est tout à fait pertinent et pourrait éventuellement être intégré dans une formation.»

«Je me tiens loin des taxis, le plus loin possible. Ils s’arrêtent un peu n’importe où, déposent un client, une porte s’ouvre – et les cyclistes foncent dedans.» –Jean-François Pronovost, vice-président de Vélo Québec

Cohabitation difficile avec les autobus
«J’ai eu des cyclistes qui m’ont craché dessus par la fenêtre ou qui ont brisé mes miroirs», affirme un conducteur d’autobus de la STM qui souhaite garder l’anonymat. Peu rancunier, ce dernier s’inquiète de la sécurité des cyclistes, dont un certain  nombre ne respectent pas le Code de la route, a-t-il remarqué.

«On n’a pas les infrastructures pour cohabiter. Et ce n’est pas une petite ligne au sol qui va régler le problème.» Il ajoute qu’à certains endroits, les autobus n’ont d’autre choix que de couper la piste cyclable pour faire leur arrêt.

Selon Amélie Régis, porte-parole de la STM, les véhicules de la société n’ont été responsables que de cinq accidents avec des cyclistes de 2012 à 2014. «En 2014, nous avons mis en service une voie réservée sur la rue Viau pour favoriser la cohabitation entre bus, taxis et vélos. Il s’agit d’un projet pilote. » De plus, une formation sur le partage de la route est régulièrement donnée aux chauffeurs, soutient la porte-parole.

Jean-François Pronovost, vice-président de Vélo Québec, juge toutefois que c’est aussi aux cyclistes de faire leurs devoirs. «Il y a une éducation à faire. On ne se place pas près d’un camion ou d’un autobus. Pour des raisons de visibilité, on ne peut pas prendre pour acquis qu’ils vont nous voir.»

Le respect de la signalisation
Une fois sur 4, les collisions impliquant des cyclistes se produisent près d’un feu de circulation et, une fois sur 10 près d’un panneau arrêt. Les cyclistes n’ont pas la réputation de respecter la signalisation, mais ils ne sont pas les seuls.

Selon une étude du Service de police de la Ville de Montréal, les cyclistes en faute lors des collisions sont à peu près aussi nombreux que les automobilistes. Dans certains cas, ce sont même les deux qui ne respectaient pas le Code de la sécurité routière au moment de l’impact.

Vox pop
(Propos recueillis par Andréanne Chevalier)

«J’ai déjà eu un ticket sur la piste Maisonneuve pour avoir passé sur une lumière jaune, qui s’est transformé en billet pour avoir passé sur une rouge, avec points de démérite, parce que je me suis obstiné avec le policier.» –François, cycliste

«Je circule le moins possible sur les pistes cyclables, il y a trop de monde et c’est dangereux avec les entrées de stationnement qui donnent sur la piste.» –Frank, cycliste

«La voie où il faut circuler, c’est la voie de droite. Mais c’est une voie réservée. Alors tant pis pour les autobus. J’ai déjà eu des conflits avec des chauffeurs d’autobus à cause de ça.» –Stéphane, cycliste

«Je trouve que les gens sont agressifs, dans les autos autant que sur les vélos. J’ai vu des policiers arrêter des cyclistes, ça me rassure. Il n’y a pas que les automobilistes qui peuvent avoir des contraventions.» –Julie, piétonne

«La piste sur Rachel est la plus dangereuse au monde!», «Je donnerais des tickets aux autos qui ouvrent leurs portes sans regarder. Je ferais des campagnes de sensibilisation contre ça.» –Sébastien, automobiliste

«Des feux de circulation pour vélos seraient une bonne idée. J’ai parfois peur de frapper des vélos lors de virages.» –Frédérick, automobiliste

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