Yves Provencher/Métro Anarchopanda, à son arrivée au Palais de justice, cet été.

Julien Villeneuve, l’homme qui manifeste sous les traits d’Anarchopanda, conteste en Cour supérieure le règlement municipal sur le port des masques dans des manifestations.

Ce professeur de philosophie au Collège de Maisonneuve est devenu en quelque sorte la mascotte du mouvement étudiant. Il a son compte Facebook, sa page Wikipédia et, depuis peu, sa chanson-thème. L’homme souhaitait conserver l’anonymat, mais afin de pouvoir déposer une requête en cour, M. Villeneuve a dû s’identifier.

L’homme est arrivé devant le Palais de Justice de Montréal, mardi, sous les traits d’Anarchopanda. Accompagné d’une cinquantaine de personnes, il a invité la foule à marcher quelques mètres avant de déclarer: «ce que nous venons de faire ensemble, en vertu du règlement municipal P-6 est illégal.»

Depuis l’adoption, le 18 mai dernier, de ce règlement municipal, il est obligatoire de communiquer l’itinéraire d’un attroupement au directeur de Service de police ou l’officier responsable. Il est également interdit de participer à ces types de rassemblement à visage couvert «sans motif raisonnable». Cela inclut les foulards, les cagoules ou les masques.

Il s’agit selon M. Villeneuve de restrictions injustes qui portent atteinte au droit de manifester et à la liberté d’expression.

La contestation se fera en deux temps. Il y aura tout d’abord une requête en sursis qui devrait être entendu ce jeudi. «C’est une procédure urgente qui vise à suspendre temporairement les effets du règlement jusqu’à ce que la Cour puisse se prononcer sur sa constitutionnalité», a indiqué Me Samuel Bachand, avocat-conseil dans le dossier.

Dans un deuxième temps, le juge ce penchera sur la constitutionnalité de ce règlement et pourrait l’invalider. M. Villeneuve est représenté par Me Denis Poitras. Cet avocat représente également des manifestants accusés d’avoir bloqué le pont Jacques-Cartier.

La requête avance notamment l’argument que l’article 3.2 est illégal en raison de son libellé vague, imprécis et ambigu et que sa portée est arbitraire.

Même s’il avait convoqué les journalistes au Palais de justice, Anarchopanda n’a pas souhaité répondre à leurs questions. Il est toutefois resté sur place pour offrir des câlins à la cinquantaine de personnes présentes.

La mascotte avait promis de revenir sous ses traits humains pour les questions des médias. Mais après 30 minutes, il n’y avait pas la moindre trace de lui dans sa forme humaine ou plantigrade. Le panda est un animal en voie de disparition, paraît-il.

Règlement sur la prévention des troubles de la paix, de la sécurité et de l’ordre publics

2.1 Au préalable de sa tenue, le lieu exact et l’itinéraire, le cas échéant, d’une assemblée, d’un défilé ou autre attroupement doit être communiqué au directeur du Service de police ou à l’officier responsable.

3.2 Il est interdit à quiconque participe ou est présent à une assemblée, un défilé ou un attroupement sur le domaine public d’avoir le visage couvert sans motif raisonnable, notamment par un foulard, une cagoule ou un masque.

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