Archives Métro La ministre fédérale de l'Environnement, Leona Aglukkaq

Environnement Canada a suspendu mercredi le déversement prévu de huit milliards de litres d’eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent par un arrêté ministériel. La Ville de Montréal ne pourra donc pas déverser ces eaux avant qu’une analyse indépendante ne soit effectuée.

«Ce que la Ville nous a fourni [en documentation] ne répond pas à nos exigences», a déclaré en conférence de presse le ministre fédéral responsable de la métropole, Denis Lebel, au nom de la ministre de l’environnement, Leona Aglukkaq.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, a assuré jeudi soir qu’il respectera les règles du gouvernement fédéral, tout en accusant ce dernier de «jouer à la politique sur le dos des Montréalais» puisqu’Ottawa disposerait de tous les documents requis pour analyser le dossier.

Si la décision n’est pas prise d’ici le 23 octobre, il pourrait y avoir des conséquences et des «problèmes sérieux», a martelé M. Coderre, qui juge «irresponsable» la décision d’Ottawa.

La Ville s’expose à des amendes pouvant atteindre 6 M$ si elle va de l’avant [avec le déversement des eaux usées] sans l’autorisation d’Ottawa.

«Pourquoi Montréal vit cette injustice?» – Denis Coderre, maire de Montréal, qui accuse les conservateurs de vouloir «scorer des points politiques»

L’administration Coderre, le ministère de l’Environnement du Québec et plusieurs professeurs de l’école Polytechnique de MOntréal affirment qu’il n’existe aucune autre solution que de fermer une partie du réseau d’égout pendant une semaine pour réaliser certaines opérations prévues dans le cadre du chantier Bonaventure. La Ville prévoyait initialement réaliser les travaux entre le 18 et le 25 octobre.

Mais la ministre de l’Environnement et plusieurs groupes écologistes ne l’entendent pas de cette oreille. La semaine dernière, la ministre fédérale avait demandé à la Ville de Montréal de suspendre son projet de déversement, le temps que son ministère évalue les conséquences pour l’environnement et les options alternatives.

Ottawa invoque notamment que ce déversement irait à l’encontre de l’article 36.3 de la Loi sur les pêches, qui stipule «qu’il est interdit d’immerger ou de rejeter une substance nocive – ou d’en permettre l’immersion ou le rejet – dans des eaux où vivent des poissons, ou en quelque autre lieu si le risque existe que la substance ou toute autre substance nocive provenant de son immersion ou rejet pénètre dans ces eaux».

«[Le ministère de l’environnement] a ainsi déterminé que les répercussions [du déversement] pourrait être assez grande et on a vu l’inquiétude de plusieurs personnes dans la population. La Ville de Montréal n’a pas fait d’études sur les répercussions possibles. La ministre n’a pas tous les éléments pour être capable de prendre sa décision, on a besoin de plus d’éléments de science», a affirmé M. Lebel, précisant qu’un expert indépendant sera mandaté pour fournir plus de données scientifiques.

Le ministre ne précise pas à quel moment l’expert rendra son rapport, mais précise que cela se fera dans les plus brefs délais étant conscient de l’urgence de Montréal dans le dossier.

«Le gouvernement fédéral en vient à la même conclusion que nous: nous n’avons pas les documents nécessaires pour prendre une décision», s’est félicité mercredi, Sylvain Ouellet, l’élu de Projet Montréal responsable du dossier de l’eau.

La Ville avait pourtant reçu le soutien de plusieurs experts dont des titulaires de la Chaire en eau potable de Polytechnique Montréal, qui avaient publiquement pris position en faveur du maire.

Ce dernier a indiqué sur Twitter qu’il réagirait à 18 heures.

Un peu plus tôt en journée, la municipalité de Berthierville a indiqué qu’elle comptait refiler à Montréal la facture pour les tests d’eau supplémentaires et la ligne téléphonique d’information qu’elle devrait mettre en place en cas de déversement.

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