Métro/Yves Provencher De gauche à droite: Alex-Anne Fafard, Léonie Bélanger et Éloïse Longval-Labbé sont des pairs aidants formateurs (PAF) à l'école Joseph-François-Perrault.

De 2007 à aujourd’hui, l’école secondaire Joseph-François-Perrault est passée d’une des écoles les plus problématiques à l’une des plus saines du Québec en terme de toxicomanie. Cette progression serait notamment attribuable à un projet de sensibilisation par les pairs que le Centre québécois de lutte aux dépendances (CQLD) souhaite étendre à toutes les écoles dans les prochaines années.

«Les PAF, c’est comme une légende. Tout le monde veut en faire partie. Quand j’étais en 1ère secondaire un, j’avais hâte d’être en 4e ou 5e secondaire pour y participer», a confié Éloïse Longval-Labbé, élève de l’école Joseph-François-Perrault, lors du lancement du guide Les PAF : par et pour les jeunes lundi à Montréal.

Les PAF, ce sont les pairs aidants formateurs du programme de prévention en toxicomanie Apte de groupe. Depuis 2007, ils sont une vingtaine d’adolescents par année à recevoir une formation intensive de 36 heures puis à animer des ateliers d’information sur la toxicomanie dans les classes de tous les niveaux secondaires de leur école.

«On n’est pas là pour empêcher les autres élèves de consommer, mais pour les aider à prendre des bonnes décisions en les outillant, en leur donnant de l’information sur les effets des drogues, en défaisant des croyances populaires», a expliqué Alex-Anne Fafard, une élève PAF de 5e secondaire.

Joseph-François-Perrault avait été ciblée en 2007 parce qu’elle était l’une des écoles avec le plus haut taux de problèmes de consommation. Les résultats analysés par le CQLD sont très prometteurs, indiquant que l’école est maintenant parmi celles ayant les plus faibles prévalences de toxicomanie.

«L’école est 20% en bas de la moyenne québécoise en ce qui a trait à la consommation d’alcool», a souligné Geneviève Lefebvre, directrice générale du CQLD.

«La toxicomanie est un sujet tabou, mais les messages passent mieux parce qu’on est des jeunes. Les autres élèves peuvent venir nous parler dans les corridors et en dehors des heures d’école», a commenté Léonie Bélanger, une autre élève participante, pour expliquer le succès du programme.

Le CQLD a inauguré lundi un guide destiné aux écoles souhaitant implanter le programme et compte lancer une offensive pour les inciter à le faire. Deux autres écoles de la Commission scolaire de Montréal, Père-Marquette et Robert-Gravel, ont commencé la mise en œuvre du projet cette année.

La création du guide a été entièrement financée par la Fondation Jean Lapointe. Par ailleurs, les coûts de la formation et du matériel utilisé par les jeunes, estimé à 3500$ par école par année, sont couverts par des activités de financement effectuées des jeunes. Le ministère de l’Éducation n’est pas impliqué dans le projet.

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