Yves Provencher/Métro

Les usagers montréalais du transport en commun auront droit à un répit: pendant les six premiers mois de l’année 2016, les tarifs ne seront pas augmentés.

La STM a décidé que désormais, sa grille tarifaire sera révisée au mois de juillet plutôt qu’au début de l’année. Une mise à jour de sa situation financière sera faite au printemps pour conclure si les tarifs doivent être majorés ou non.

«L’an dernier, on a fini l’année avec un surplus de 3M$, a rappelé jeudi le président de la STM, Philippe Schnobb. Si on avait tenu compte de cela au moment de décider des tarifs, on les aurait fixés autrement. On va prendre la responsabilité [de ce gel tarifaire] et on avisera au cours de l’année selon les objectifs qu’on s’est fixés en terme d’augmentation de revenus-clients.»

Depuis l’an 2000, il n’y a eu aucun gel tarifaire à la STM. En 2003, elle avait même imposé une double augmentation.

Le projet de loi sur la gouvernance du transport en commun dans la région de Montréal, qu’a déposé la semaine dernière le ministre des Tranports, Robert Poëti, et qui prévoit que la future Autorité régionale de transport métropolitaine sera en charge de la planification mais aussi de la tarification, pourrait avoir un impact sur les finances de la STM, a souligné son directeur général, Luc Tremblay. Ce dernier attend de voir la version finale du projet de loi pour mesurer les conséquences sur la société de transport montréalaise.

Le budget 2016 de la STM s’élève à près de 1,5G$. De ce montant, 429,8M$ proviennent de l’agglomération de Montréal, qui a majoré sa contribution de 5,1% par rapport à l’an passé. Le maire de Montréal, Denis Coderre, y voit une démonstration de l’importance que son administration accorde au transport en commun. Projet Montréal croit plutôt que la Ville effectue un rattrapage dans le financement de la STM. «Il y avait une saignée, maintenant on stagne», a dit le conseiller de Marie-Victorin, Guillaume Lavoie. Ce dernier craint que le report de la hausse tarifaire soit «un décalage motivé par des intérêts politiques» pour «sauver l’année du transport en commun».

Plus de service de bus en 2016
Si les autobus de la STM ont moins roulé en 2015 en raison de problèmes d’entretien et de main d’œuvre, il est prévu qu’ils reprendront leur retard l’an prochain. «On augmente le nombre d’heures par rapport au nombre réel [d’heures de service] de cette année», a indiqué jeudi M. Tremblay.

Le budget 2016 de la STM prévoit que 45 000 heures de service de plus seront offertes en 2016 afin que les bus parcourent jusqu’à 84,6 millions de kilomètres. De 150 à 200 voyages par jour seront ajoutés à chaque jour «là où c’est vraiment nécessaire», a indiqué M. Schnobb. «On va prendre toutes les mesures pour livrer davantage le service qui a été planifié», a-t-il dit.

Pas moins de 27 bus réguliers seront pour ce faire achetés en 2016 et les horaires des bus seront révisés. De nouveaux circuits seront aussi créés, possiblement dans les quartiers Griffintown, Des Sources et Bois-Francs.

De janvier à juillet, près de 99,1% des services de bus planifiés ont été réellement rendus. Cette proportion atteint habituellement 99,4%. La baisse de service de quelque 800 000 km est attribuable à l’entretien des bus, qui a été laborieux depuis l’hiver passé en raison des nombreux bris, et du taux d’absentéisme à long terme élevé des chauffeurs. Les nombreux chantiers et les grands projets de la STM, que sont iBus et le recontruction du Complexe Crémazie, ont accentué les difficultés à rendre le service.

Luc Tremblay a indiqué que la situation est presque revenue à la normale puisque le mois dernier, 99,3% des services planifiés ont été vraiment fournis.

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