Mark Sawaya/monscoop@journalmetro.com

Hausse des températures de 2°C à 4°C, baisse de la période d’enneigement d’au moins 45 jours, intensification des périodes d’allergie au pollen: le climat montréalais sera bien différent dans 50 ans.

Pour y faire face la Ville de Montréal a présenté lundi son premier Plan d’adaptation aux changements climatiques 2015-2020 avec des zones de vulnérabilité cartographiées selon six aléas climatiques et avec une précision de 250 mètres.

Les perspectives climatiques détaillées avec l’aide du centre de recherches Ouranos forcent la Ville à réagir. «Les projections les plus extrêmes [+7°C d’ici 2100] laissent même entrevoir la possibilité d’avoir un couvert de neige dont la présence serait inférieure à 20 jours», note le rapport. Patiner dans un parc l’hiver ne serait alors plus une option et les épisodes de gel et de dégel, qui ont déjà augmenté de 29%, mettront les routes et le réseau d’eau à rude épreuve.

D’ici 2100, l’intensité des pluies abondantes d’été augmentera de 10% à 25% causant des refoulements d’égouts alors que déjà le Bureau d’assurance du Canada menace de ne plus assurer les propriétés dans certains secteurs plus vulnérables.

Les hausses de températures déjà constatées ont allongé de trois semaines la période d’émission d’herbe à poux et favorisera la propagation de la maladie de Lyme dont le nombre de cas a été multiplié par 10 en une décennie. Quant aux épisode de sécheresse qui iront en se multipliant, ils provoqueront une contraction des sous-sols argileux qui mettront à mal les nombreuses habitations montréalaises construites sur de l’argile, comme dans Le Plateau.

«C’est dans les villes que les conséquences seront les plus fâcheuses, mais ce sont aussi les villes qui sont les lieux les plus propices à l’action», a déclaré en conférence de presse le maire Denis Coderre.

«Pour chaque secteur de l’île, on a cerné les vulnérabilités. le plan est centré autour de 24 actions que pourront prendre les arrondissements pour y faire face», a ajouté l’élu responsable de l’Environnement, Réal Ménard. Cela passe par la généralisation de clapet antirefoulement dans les logements, par la multiplication des toits blancs, la construction de bassins de rétention des eaux de pluie, la construction de stationnements en matériaux perméables et la plantation de centaines de milliers d’arbres.

Selon l’élu de Projet Montréal, Sylvain Ouellet, «l’administration Coderre n’a aucune crédibilité en matière de développement durable puisqu’elle appuie des projets qui vont augmenter la motorisation, tels que de prolongement de l’A19 et le Quinze-40». M. Ouellet souligne en outre que le plan ne contient aucune cible chiffrée et n’offre aucun budget supplémentaire aux arrondissements pour la réalisation des objectifs.

Ce plan d’adaptation aux changements climatiques fait suite à l’inventaire des émissions de GES de la collectivité montréalaise et le Plan de réduction des GES 2013-2020. En 2009, Montréal n’avait diminué ses émissions de GES que de 6% par rapport à 1990. Elle devra les baisser de 24% supplémentaires d’ici 2020 pour atteindre sa cible.

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