Yves Provencher

Plusieurs lieux à Montréal pourraient être nommés en l’honneur de femmes marquantes de l’histoire dans un avenir rapproché, a indiqué mercredi Manon Gauthier, responsable de la culture et du patrimoine à la Ville de Montréal.

Questionnée sur la création de la nouvelle banque toponymique féminine Toponym’Elles, Manon Gauthier a indiqué à Métro que d’autres mesures étaient à venir afin de rattraper le retard de Montréal dans la toponymie féminine dont la désignation de certains lieux à Montréal en l’honneur de femmes. «On ne veut pas construire de nouveaux lieux pour les nommer. Mais si on regarde le paysage montréalais, il y a des lieux qui sont nommés, mais qui ne portent pas un patronyme, qui ne portent pas un nom autre que générique», a expliqué Mme Gauthier.

Sans donner plus de détails, elle a indiqué que la Ville était «en train de faire le portrait des opportunités, dans la prochaine année», pour nommer certains de ces lieux en l’honneur de femmes qui ont participé à l’édification de Montréal.

Sur les quelque 6000 toponymes de la Ville, les hommes dominent présentement avec plus de 50% des dénominations et les femmes ne représentent que 6% de celles-ci – le reste étant des appellations neutres.

Le parc Claude-Jutra, dans l’arrondissement du Plateau Mont-Royal, doit d’ailleurs être renommé à la volonté du maire de Montréal, après que le défunt cinéaste ait fait l’objet d’allégations de pédophilie dans les dernières semaines. Mme Gauthier souhaiterait-elle qu’il soit nommé en l’honneur d’une femme ? «Dans l’esprit de ce que nous annonçons aujourd’hui, bien évidemment que je souhaiterais que ce soit un nom de femme qui soit choisi», répond-t-elle. Elle précise toutefois qu’il y a certains critères à respecter dont le fait que le nom doit s’inspirer de l’esprit des lieux et qu’il conserve l’hommage à la cinématographie.

La responsable du patrimoine souhaite avoir «une ville à l’image de sa population», précisant qu’il y a actuellement 52% de femmes à Montréal. «Il faut commencer aujourd’hui à développer le réflexe féminin, à reconnaître l’apport des femmes dans l’édification de Montréal», précise-t-elle.

L’un des moyens, selon elle, pour développer ce «réflexe féminin» et favoriser la toponymie féminine, c’est la création de la banque toponymique féminine Toponym’Elles: une section du site internet de la Ville de Montréal où les élus et les citoyens pourront proposer des noms de femmes marquantes de l’histoire pour éventuellement les inclure dans la toponymie de Montréal. La ville centre et les arrondissements pourront alors s’inspirer de ces noms quand viendra le temps de nommer un lieu de Montréal. Une banque prévisionnelle existait déjà à la Ville, mais cette banque ne comportait que 14% de noms de femmes.

«L’histoire a fait en sorte que les grandes femmes ont toujours été là, mais elles ont été dans l’ombre. Donc l’objectif est de mettre nos femmes en lumière», juge Mme Gauthier.

Elle dit souhaiter, avec cette initiative, créer un «mouvement citoyen» et inciter non seulement les élus à agir en ce sens, mais également les citoyens à proposer des noms féminins à leurs élus.

Le retard de la Ville de Montréal en matière de toponymie féminine a déjà été énoncé dans la Politique du patrimoine adoptée en 2005. Depuis 2010, indique la Ville, les noms de femmes représentent 21% des nouvelles dénominations toponymiques.

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