Yves Provencher/Métro

La Ville de Montréal poursuivra jeudi ses consultations publiques sur son projet de politique de stationnement. Le Conseil régional de l’environnement de Montréal (CRE-Mtl), Piétons Québec et l’Association du design urbain du Québec ont rendu publiques mardi leurs idées qu’ils lui proposeront pour améliorer la gestion du stationnement, mais aussi pour rehausser l’aménagement de la Ville. Voici cinq de leurs idées.

Encore moins de stationnement près des intersections
Les espaces de stationnement situés à moins de cinq mètres d’une intersection seront éliminés d’ici 2018, a prévu la Ville de Montréal. Cette distance, où aucun véhicule ne peut être garé à proximité des carrefours, devrait variée selon le type de circulation, la vitesse autorisée et les aménagements aux abords de la chaussée, d’après Piétons Québec et le CRE-Mtl. Ceux-ci croient que la sécurité des piétons pourrait ainsi être améliorée et que la mobilité durable encouragée. À Toronto, l’interdiction est de neuf mètres pour la majorité des intersections et elle atteint quinze mètres où il y a des feux de circulation.

Des stationnements plus taxés
En 2010, l’ancienne administration du maire Gérald Tremblay avait imposé une taxe sur les stationnements des immeubles non-résidentiels du centre-ville. Six ans plus tard, le CRE-Mtl suggère d’étendre la portée de cette taxe à l’ensemble du territoire de la région métropolitaine. «La mise en place d’une taxe sur le stationnement est un outil efficace pour optimiser la tarification et dégager des fonds afin de financer les transports collectifs», écrit-il dans son mémoire. Il rapporte qu’un espace de stationnement au Canada vaut de 500 à 3000$ annuellement selon le Victoria Transport Policy Institut.

Encore plus de placottoirs
Placottoirs - Plaza St-Hubert

Les placottoirs, qui occupent des espaces de stationnement à des endroits précis, devraient devenir l’emblème de Montréal, croient l’Association du design urbain du Québec et le CRE-Mtl. Ils proposent d’élaborer un guide du placottoir, qui pourrait compléter le programme d’implantation de rues piétonnes et partagées qu’a lancé en 2015 la Ville de Montréal. Ce guide accompagnerait les entreprises, les commerces, les designers, les citoyens intéressés par l’idée. Les deux organismes se sont inspirés notamment de la ville de Vancouver, où plusieurs types de placottoirs ont été conçus au cours des cinq dernières années.

Oui au covoiturage commercial
Le CRE-Mtl croit que «covoiturage commercial», qu’offre notamment Uber avec son service UberX, doit être «encadré» et «soutenu». Si le gouvernement du Québec doit légaliser ce service, la Ville de Montréal doit aussi faire sa part pour le favoriser, en mettant en place des projets pilotes entre entreprises par exemple. Ces services pourraient réduire le nombre de véhicules sur les routes, surtout dans les secteurs où les services de transport en commun sont limités, d’après le CRE-Mtl. Il a souligné dans son mémoire qu’en 2012, lors du dernier bilan du Plan de transport, le taux d’occupation des véhicules était de 1,25 personne.

Le stationnement ou l’argent?
La Ville de Montréal devrait étudier la possibilité d’élaborer des programmes de «parking cash out» avec des grandes entreprises. Celles qui offrent des espaces de stationnement à leurs employés seraient ainsi incitées à offrir un montant équivalent à ceux qui refusent de les utiliser. D’après le CRE-Mtl, un tel programme aurait notamment pour effet de réduire les déplacements en auto-solo et de mettre tous les employés sur un même pied d’égalité. La Californie a adopté 1992 une loi qui oblige les entreprises à offrir un espace de stationnement à leurs employés et à compenser financièrement ceux qui ne l’utilisent pas.

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