MONTRÉAL – Un adolescent montréalais reconnu coupable de deux crimes liés au terrorisme a été condamné à une peine de deux ans de «surveillance en milieu fermé» et d’un an de probation, mercredi.

L’adolescent, que l’on ne peut identifier, avait été reconnu coupable en décembre dernier, en Chambre de la jeunesse, d’avoir commis un vol au profit d’une organisation terroriste et d’avoir tenté de quitter le Canada dans le but de participer aux activités d’un groupe terroriste à l’étranger — le groupe armé État islamique.

Avec certaines réticences, la juge Dominique Wilhelmy a accepté la recommandation conjointe de la Couronne et de la défense, qui avaient suggéré une peine de 24 mois de détention supervisée — soit 16 mois de garde fermée et huit mois à purger dans la communauté. Ces deux ans de détention supervisée seront suivis d’une période de probation d’un an.

La peine de trois ans est la plus sévère pouvant être infligée en vertu de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents.

Le jeune avait été arrêté relativement au vol d’un dépanneur commis en octobre 2014 et lié au projet de l’inculpé de se rendre en Syrie pour participer au djihad. Il était âgé de 15 ans au moment des faits. Son père avait prévenu les autorités.

Des rapports d’experts déposés au tribunal suggèrent que l’adolescent, aujourd’hui âgé de 16 ans, a depuis déployé des efforts pour se «déradicaliser».

Cinq experts, ayant travaillé séparément, en sont venus à des positions largement similaires sur les progrès du jeune homme et sur sa capacité à changer ses comportements.

«Malgré les questionnements qui demeurent, (…) je vais entériner la recommandation conjointe», a dit la juge à l’adolescent.

Les experts ont tous laissé entendre que l’adolescent avait fait de grandes avancées pour se libérer des pensées extrémistes.

Selon ce qui a été dit en cour, des rencontres ayant eu lieu avec un imam non identifié ont changé considérablement ses perceptions de l’islam et des idées extrémistes.

Mais la juge Wilhelmy a souligné qu’un expert avait affirmé que le risque de récidive ne pouvait être évalué, et qu’un autre avait indiqué que le processus de «déradicalisation» serait aussi long que celui ayant mené à sa radicalisation.

Son père a par ailleurs assuré la juge que le garçon avait beaucoup changé depuis un an, tout en ajoutant qu’il n’était pas encore complètement transformé.

«Nous ne pouvons pas prédire l’avenir, je vous souhaite bonne chance, a dit la juge à l’adolescent avant d’ajourner les procédures. J’espère que votre décision de modifier votre perception des choses, de la vie et de la société va se maintenir.»

L’avocat du garçon, Tiago Murias, a affirmé que son client avait hâte de tourner la page et de poursuivre ses études en mathématiques. Il estime toujours que l’accusé a été «victime» d’une propagande extrémiste «épouvantable».

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