Montréal compte actuellement au moins quatre frigos communautaires. Citoyens et commerçants y donnent leurs surplus ou se servent gratuitement en denrées pour se faire une bonne bouffe à saveur sociale et écologique. Pour le Jour de la Terre, Métro les a testés et a tenté de se concocter, grâce à eux, un repas quatre services. En route!

Bouton-vert_01Gaspillage. Si les frigos communautaires existent, c’est parce que plus de 30% des aliments sont perdus ou gaspillés entre la ferme et l’assiette selon Recyc-Québec. D’abord, lors de la phase de production (seuls Maxi et IGA offrent la possibilité d’acheter des fruits et légumes moches). Puis, lors de la commercialisation (Moisson Montréal a distribué l’année dernière pour 61M$ de dons de nourriture de l’industrie). Et finalement, par le consommateur. «Les gens n’ont pas l’impression de gaspiller, car pour eux la nourriture qu’ils jettent n’est plus consommable. Pourtant, c’est du gaspillage qui se corrige en consommant mieux», explique Dany Michaud, ancien directeur de Moisson Montréal, aujourd’hui à la tête de Recyc-Québec. Saviez-vous qu’un yogourt peut dépasser sa date limite de deux semaines? Plusieurs ont compris le filon et fouillent dans les poubelles des commerces pour se nourrir. De 2005 à 2007, les jeunes de la Coop sur Généreux qui se nourrissent en grande partie grâce à cette technique ont concocté un repas de cinq services pour 200 itinérants sans dépenser un sou!

Mentionnons aussi l’existence du Frigid’aide, à Saint-Hubert qui fait le bonheur du trentaine de famille par semaine.

Environ 30 familles y participent chaque semaine.

Bouton-vert_02Défi. Ça a mal commencé: le local du Fridge au parc Montcalm était fermé pour la journée. Mais d’après André, 76 ans, qui y vient régulièrement pour des raisons économiques et pratiques, «on y trouve des sous-marins de luxe et une très bonne soupe aux pois». Dans le Frigo des ratons, installé dans une ruelle du Vieux-Rosemont: rien! À part une patate crue et un pain ciabatta dur. Ce dernier aura finalement fait de bons croûtons, car au Fridge de la rue Amherst, il y avait une succulente soupe au céleri. Les moelleux à la framboise furent une commandite du Petit Pantagruel, un frigo situé dans une librairie du quartier Hochelaga: la Flèche rouge. Bref, un repas pas tout à fait digne du Guide Michelin, mais qui aura permis de se rendre compte une fois de plus que même s’il se perd des quantités phénoménales de nourriture, il s’en récupère néanmoins pas mal  grâce à l’ingéniosité et au bon sens de certains.

Bouton-vert_03Idées. Selon un sondage de l’organisme Jour de la terre Québec, 85% des sondés se préoccupent du gaspillage alimentaire. Pourtant, 47% des aliments jetés le sont à la maison. Pour réduire le gaspillage, Recyc-Québec a lancé un programme de subventions pour les projets de réduction du gaspillage dotés d’une enveloppe de 1M$. Ce mois-ci, l’Observatoire de la consommation responsable a lancé une carte de l’économie collaborative où 16 des 170 projets sont en lien avec l’alimentation. On trouve ainsi une application où des citoyens vendent leurs plats préparés (Cooked4U), une plateforme d’échange entre jardiniers (Troc ton jardin), et on pourrait rajouter BonApp, une application de partage d’aliments dans des cafés partenaires. Outre le changement de culture, Dany Michaud croit beaucoup à la technologie pour éviter le gaspillage, la réutilisation et le recyclage. «On est en train de réfléchir à une application, où l’on indiquerait notre déchet, par exemple des briques, et ça nous indiquerait où les déposer».

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