Chantal Levesque/Métro L’Espace Culturel Ashukan, dans le Vieux-Montréal, a participé à la réalisation de l’étude C’est vital.

La production culturelle autochtone en milieu urbain au Québec est diversifiée et dynamique, selon une étude menée par l’organisme DestiNATIONS, qui sera présentée ce soir. Métro a pu lire cet état des lieux avant qu’il soit rendu public. Faits saillants.

Diversité
Une centaine de pratiques culturelles ont été identifiées pendant la recherche, rapporte Mélanie Lumsden, chargée de projet et chercheuse pour DestiNATIONS. Elles couvrent des champs diversifiés, du travail de l’écorce au streaming audio. Les pratiques culturelles autochtones ne correspondent pas toujours à la définition occidentale de «l’art» et englobent la chasse et la fabrication d’outils, par exemple. Marie-Josée Parent, directrice de DestiNATIONS, ajoute qu’«on ne parle pas de pratiques faites pour le fun l’après-midi. On parle de gens qui ont besoin de ces pratiques pour être qui ils sont.»

Relations
L’aspect relationnel est fondamental pour les producteurs culturels autochtones, assure Mme Parent. La culture rassemble, permet de partager des histoires et d’entretenir des relations. Selon le rapport, «pour plusieurs, l’aspect collectif motive et est un prétexte à la production.» Le mentorat, souvent effectué par les aînés, est important. Et les femmes, qui sont les premières à enseigner les savoirs, jouent un rôle primordial dans la transmission de la culture. La recherche souligne l’ambivalence de certains producteurs, déchirés entre le désir d’être diffusés et reconnus, et celui de produire seulement pour eux-mêmes et leurs proches.

Reconstruction
«Des parties des cultures autochtones ont été perdues, tuées [par un génocide culturel], précise Mme Parent. Aujourd’hui, on est dans une phase où des jeunes et des moins jeunes se disent “Enfin, on a le droit d’être qui on est.” Les gens recommencent à pratiquer leur culture.» Mme Parent donne l’exemple de la langue wendat, qui était considérée morte, mais qui se reconstruit. Des pratiques perdues peuvent être retrouvées grâce à des recherches historiques, en allant, par exemple, à la rencontre des porteurs des traditions orales, les aînés, ou en consultant des écrits de colons français.

Rapport

Plus de 60 municipalités et organismes culturels autochtones et non-autochtones ont été consultés.

  • Les recherches se sont con­centrées sur cinq villes : Val-d’Or, Québec, Saguenay, Montréal et Sept-Îles.
  • Le rapport est intitulé C’est vital. Il sera pré­senté vendredi soir, à 17 h 30, à l’UQAM (local J-2805).
  • En plus d’offrir un regard sur les productions culturelles autochtones pour l’organisme DestiNATIONS, ce rapport présente 27 recommandations destinées à différents acteurs culturels.

 

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