Image: Getty | Montage: Steve Côté

À compter de dimanche, une dizaine de réfugiées prendront part à des séances d’art-thérapie au Centre social d’aide aux immigrants de Montréal (CSAI).

Elles ont fui avec leurs enfants la Syrie, l’Afrique, Haïti ou d’autres endroits violents. Beaucoup d’entre elles sont monoparentales et n’ont pas de réseau social au Québec, ou alors si peu. Elles constituent l’essentiel des réfugiés accompagnés dans leur intégration par le CSAI, qui s’est associé au Réseau d’intervention auprès des personnes ayant subi la violence organisée (RIVO) pour leur offrir un nouveau moyen d’exprimer et de guérir leurs douleurs psychologiques.

Des psychothérapeutes du RIVO viendront donner des ateliers d’arts plastiques deux fois par semaine pendant cinq semaines au même groupe de femmes. Si l’expérience est concluante, d’autres groupes prendront la relève.

«Nous avions ce genre de projets au début des années 2000 et ça aidait beaucoup les réfugiés qui vivaient du stress post-traumatique, a souligné Lida Aghasi, directrice générale du CSAI. Cela fait plus de 10 ans que nous n’en offrions plus, faute de financement. Mais avec les dons que nous avons reçus durant la dernière année, nous sommes en mesure de rouvrir ce programme.»

«Beaucoup d’entre elles ont vécu des agressions de toutes sortes et sont restées dans des camps de réfugiés pendant longtemps. Ce n’est pas facile de gérer leur nouvelle vie, leur ressources financières et l’éducation de leurs enfants.» – Lida Aghasi, directrice générale du Centre social d’aide aux immigrants de Montréal

Cette initiative a réjoui Lara Kalaf, thérapeute et doctorante en psychologie, qui a coordonné des ateliers d’art-thérapie dans des camps de réfugiés au Liban. Elle souligne que les projets du genre sont rares au Québec.

«Les participants sont amenés à créer une œuvre, puis à entrer en contact avec les émotions qui y sont reliées», a expliqué Mme Kalaf.

Cela peut aider les nouveaux arrivants de plusieurs manières, selon cette thérapeute. Les ateliers leur permettent d’abord de s’intégrer à un réseau social. Ils peuvent aussi briser les barrières de la langue en utilisant un mode d’expression artistique.

«C’est très aidant pour les personnes qui ont vécu un traumatisme, a ajouté Mme Kalaf. Si elles en parlent avec des mots, elles risquent de le revivre et d’en être affectées. Avec l’art, elles peuvent prendre de la distance et du pouvoir sur cet événement et avoir une emprise sur ce qui va se passer après.»

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