Archives TC Media Punaise de lit.

Même si les autorités prennent le chiffre avec des pincettes, le pourcentage de ménages infectés par les punaises de lit a légèrement augmenté en 2014, selon les chiffres de la Direction de la santé publique (DSP).

Chaque année depuis trois ans, en moyenne 12 000 traitements sont effectués à Montréal pour combattre des punaises de lit. En 2011, lorsque la Ville de Montréal a rendu obligatoire la déclaration par les exterminateurs de leurs interventions, le taux de ménages touchés par la problématique des punaises de lit était de 2,8%, selon un sondage effectué annuellement par la DSP auprès de 1400 ménages locataires et 1000 ménages propriétaires. En 2012, ce taux était de 2,2% alors qu’en 2014 il se situait à 3,4%. Les chiffres pour 2015 ne sont pas encore connus.

Cela signifie-t-il pour autant que la Ville est en train de perdre le contrôle? «Non, si on tient compte des marges d’erreur, cette variation n’est pas significative d’un point de vue statistique», explique Marianne Cloutier, cheffe de division à la Direction de l’habitation. La DSP par la voix d’une de ses porte-paroles, Marie Pinard, indique elle aussi que la situation continue de demeurer «relativement stable».

Ce n’est pas ce que pense Harold Leavey, président de Maheu extermination. « Le nombre de cas augmente, mais aussi la gravité des cas. Ça devient donc de plus en plus difficile de traiter les infestations », a t’ils déclaré au Devoir.

Dans le rapport de la DSP intitulé Pour des logements salubres et abordables, on trouve plusieurs données significatives Par exemple, le taux d’infestation chez les ménages interrogés est beaucoup plus élevé chez les locataires (5,2%, soit 1 ménage sur 20) alors que chez les propriétaires le taux est de 0,8%.

En outre, même si la Ville indique que la problématique des punaises de lit touche tous les types de ménages, les données de la DSP indiquent que les ménages moins nantis (ceux qui dépensent plus de 30% pour se loger) sont deux à trois fois plus susceptibles d’être touchés que les ménages plus fortunés.

Marianne Cloutier envisage plutôt une analyse sous l’angle du patrimoine bâtit. «Éradiquer les punaises de lits, notamment lorsque l’infestation n’a pas donné lieu à une intervention rapide, est plus complexe dans des édifices de 12 logements et plus. Or, les ménages locataires vivent plus souvent dans des immeubles plus denses», souligne Mme Cloutier.

Cette dernière souligne que les meilleurs gestes pour éviter la propagation de punaises de lit sont d’avertir rapidement son propriétaire sans avoir honte et que ce dernier laisse l’exterminateur intervenir de façon complète. Un projet-pilote de la Ville est aussi en cours pour assister une cinquantaine de personnes ayant des besoins particuliers à régler la problématique d’infestation.

«Une partie de la solution se trouve dans l’éducation», estime de son côté Hélène Bouchard, présidente de MBM Extermination. En prévision du 1er juillet elle recommande l’usage de sacs de plastique pour transporter les matelas et aussi de demander à sa compagnie de déménagement un certificat de nettoyage régulier des camions. Dernier conseil: éviter de prendre sur la rue les matelas, sofas et autres meubles rembourrés, car c’est là que se cachent souvent des punaises de lit.

Les arrondissements les plus touchés
Selon la DSP, quatre arrondissements sont plus touchés que les autres:
Ville-Marie, Le Plateau–Mont-Royal, Ahuntsic–Cartierville et Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension. Dans ces arrondissements, les infestations concernent de 4,1% à 10% des ménages.

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