Chantal Levesque/Métro Le parc Rutherford

Les Amis du parc Rutherford envisagent de s’adresser aux tribunaux pour forcer la Ville de Montréal à faire marche arrière avec son projet d’aménagement d’un terrain sportif synthétique dans le parc qu’ils chérissent sur le site patrimonial du mont Royal.

«On n’exclut pas l’injonction. Elle est explorée depuis plus deux mois par différents cabinets d’avocats», a indiqué la semaine dernière Aziz Fall, un citoyen qui fait partie des Amis du parc Rutherford. Ceux-ci veulent aussi poursuivre leur mobilisation pour que le projet soit révisé.

Mercredi dernier, le conseil d’arrondissement de Ville-Marie a attribué un contrat de 4,3M$ à l’entreprise Construction Vert Dure pour l’aménagement du terrain sportif, doté d’une surface synthétique et de quatre fûts de lumière de 30 mètres de haut, dans le parc Rutherford, qui se trouve au coin des avenues des Pins et du Docteur-Penfield. L’arrondissement a en plus signé une entente avec l’Université McGill pour l’utilisation du terrain multisports. Celle-ci pourra l’occuper «au maximum à 47%», d’après les documents remis aux élus.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, a rectifié le tir, lors du conseil d’arrondissement, en précisant que l’université anglophone ne pourra l’utiliser que le tiers du temps. «Le maire de Montréal et le maire de Ville-Marie vous dit que ça va être 65% pour le peuple, et 35% pour l’université», a-t-il insisté. Les Amis du parc Rutherford redoutent malgré tout la privatisation du parc public.

«Vous ne pouvez pas prendre un espace public et le privatiser, a dit M. Fall. Vous ne pouvez pas dégrader le site du mont Royal.»

Les citoyens craignent aussi que la surface synthétique n’entraîne la création d’un îlot de chaleur ou même que des contaminants rejoignent le réseau d’eau potable McTavish, situé en-dessous du terrain sportif, qui alimente près de 500 000 Montréalais.

«Au nom du principe de précaution, on demande [à la Ville et à l’Université McGill] de nous montrer qu’elles ont fait leurs devoirs, a indiqué Aziz Fall. Elles n’osent pas parce qu’elles ne les ont pas faits.»

M. Coderre a assuré que l’arrondissement avait évalué les risques de contamination. «C’est une décision […] qui n’entache en rien la montagne et qui vient maximiser un réservoir où on ne peut pas faire beaucoup de choses dessus», a-t-il dit aux Amis du parc Rutherford.

Il a réitéré sa volonté d’offrir un nouvel espace sportif aux jeunes Montréalais âgés de plus de 10 ans, en préconisant une surface synthétique en raison de sa durabilité.

Les Amis de la montagne, Héritage Montréal, Projet Montréal et même la National Association for Olmsted Parks sont au nombre des organismes qui s’opposent aussi à ce projet. Le ministère de la Culture et des Communications a de son côté donné son appui le 6 mai dernier.

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