Archives Métro Le président de la commission-jeunesse du Parti libéral du Québec (CJPLQ), Jonathan Marleau.

SAINT-AUGUSTIN-DE-DESMAURES, Qc — L’univers politique québécois est très majoritairement masculin et le demeurera, s’il n’en tient qu’à l’aile jeunesse du Parti libéral du Québec (PLQ), qui vient de rejeter officiellement le concept de parité hommes-femmes.

Réunis en congrès annuel tout le week-end, en banlieue de Québec, les jeunes militants libéraux ont voté dimanche contre une résolution destinée à forcer leur parti à faire une plus grande place aux femmes à l’occasion de la formation de la prochaine équipe de candidats aux élections de 2018.

Le thème du congrès 2016 était «Innover: notre révolution!», une révolution qui n’inclut cependant pas pour eux la promotion de l’égalité en politique pour les femmes, si on se fie au sort réservé à la résolution controversée.

Timide, la résolution battue par l’assemblée ne parlait même pas d’égalité 50-50, mais d’une zone de parité, impliquant qu’au moins 40 pour cent des candidats devraient être des femmes.

Présentée par un jeune homme de Québec, cette résolution régionale ne faisait pas partie de la thématique nationale élaborée par les instances de la commission-jeunesse.

Ce jeune militant de Québec s’est levé pour revendiquer «un meilleur accès des femmes en politique», étant donné que la proportion d’élues à l’Assemblée nationale stagne, mais un autre, de la circonscription Robert-Baldwin, dans l’Ouest de Montréal, est allé au micro pour dénoncer ce «sexisme», convaincu que les quotas n’étaient «pas le bon moyen».

Il s’agit d’une des seules résolutions ayant suscité un certain débat entre les quelques centaines de militants présents, durant le congrès qui a fait une grande place à la lutte au racisme et aux clauses de disparité contenues dans les régimes de retraite.

Durant le débat sur la résolution controversée, la plupart des intervenants au micro étaient de sexe masculin.

Dans ses instances, la commission-jeunesse du PLQ fait d’ailleurs une place marginale aux militantes. Le président de la commission est un homme, tout comme le président d’élections et le président du congrès. Le comité exécutif compte cette année une femme sur quatre membres, le conseil des représentants, quatre femmes sur 24 membres, et le comité de coordination, trois femmes sur sept membres.

Lors d’une brève mêlée de presse, en marge du congrès qui a pris fin dimanche, le président de la commission-jeunesse, Jonathan Marleau, ne s’est pas montré du tout mal à l’aise de cette disparité. Il a expliqué que l’organisation, allergique aux quotas, prônait les libertés individuelles. La proportion de femmes au sein des instances peut donc varier d’une année à l’autre, at-il fait valoir.

Personne n’a pu dire combien de jeunes femmes avaient dirigé la commission-jeunesse au cours de ses 45 ans d’existence.

Pour son gouvernement, le premier ministre Couillard a fait sien l’objectif de «zone de parité hommes-femmes», en visant un minimum de 40 pour cent de femmes dans son équipe, cible qui n’est toujours pas atteinte. Le PLQ n’avait présenté que 28 pour cent de femmes en 2014.

En marge de l’événement, la députée de Richmond, Karine Vallières, a indiqué qu’elle avait fait une démarche pour que la question de la présence accrue des femmes en politique soit étudiée en commission parlementaire cet automne.

«Ce que je veux réellement c’est que demain matin je sois capable de convaincre ma voisine, ma soeur, ma mère , mes filles de se présenter en politique», a-t-elle lancé, sans vouloir blâmer l’aile jeunesse de son parti.

Les élues forment un peu peu plus du quart de la députation présente à l’Assemblée nationale.

Par ailleurs, les jeunes libéraux demandent notamment au gouvernement de revoir les lois de manière à interdire les clauses de disparité contenues dans les régimes de retraite, qui tiennent compte de la date d’embauche, dites «clauses orphelins» et jugées discriminatoires envers les jeunes. Ils veulent aussi remettre en question le principe et les privilèges associés à l’ancienneté dans le secteur public.

En conférence de presse, le premier ministre Philippe Couillard a dit que le sujet ferait partie des enjeux discutés lors du grand forum de l’automne sur la main-d’oeuvre, sans s’engager davantage.

La lutte au racisme a aussi retenu l’attention des jeunes libéraux, qui ont revendiqué la tenue d’une commission d’enquête publique sur le racisme et la discrimination systémique.

Sur ce point, M. Couillard a dit qu’il fallait prendre cette question très au sérieux, l’examiner, éviter le déni, mais ne s’est pas avancé davantage sur le moyen approprié pour y parvenir.

«Il faut faire un travail sérieux, qui est lucide et ouvert à la fois sur des actions concrètes», a commenté M. Couillard.

À propos des derniers développements dans le dossier controversé de la cimenterie gaspésienne Ciment McInnis, dont la Caisse de dépôt et placement a pris le contrôle cette semaine, M. Couillard tenu à souligner qu’il s’agissait à ses yeux d’un «bon projet».

M. Couillard a dit qu’il fallait surtout analyser le projet sous l’angle de son impact sur l’économie régionale.

«Pour moi, c’est primordial que les gens des régions, les gens de la Gaspésie en particulier, aient accès à des emplois industriels de qualité», selon lui.

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