Chantal Levesque Sylvie Morin, directrice de La Bouée régionale de Lac-Mégantic, et Sylvie Langlais, présidente du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale.

La ministre de la Justice du Canada doit stopper l’extradition aux États-Unis d’une mère de famille canado-américaine ayant fui la violence conjugale et familiale avec ses trois enfants, a réclamé lundi le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale.

En 2010, madame M, dont l’identité doit être cachée pour protéger ses enfants, s’est réfugiée à La Bouée régionale de Lac-Mégantic, une maison pour femmes située dans sa région de naissance. Ce geste est assimilable à un enlèvement, puisque c’est le père qui en avait la garde légale exclusive. La mère avait des problèmes de dépendances au moment de cet octroi de garde. Les enfants, aujourd’hui âgées de 15, 16 et 19 ans, affirment toutefois qu’ils étaient victimes de violence de la part de leur père.

«Il nous battait, par exemple quand on voulait voir notre mère. Il n’était jamais là pour nous, il nous gardait loin de nos amis», a témoigné l’une d’elle à Montréal mercredi. Ne pouvant supporter la situation, les trois enfants se sont enfuis et ont appelé leur mère en renfort.

Depuis 2011, Mme M lutte devant les tribunaux pour éviter d’être envoyée aux États-Unis pour se faire juger. Elle a séjourné en prison à plusieurs reprises et est assignée à résidence 22 heures sur 24. En décembre dernier, la Cour suprême a jugé, à quatre juges contre 3, qu’il était raisonnable de maintenir la décision d’extradition du gouvernement Harper.

Mme M et ceux qui la soutiennent espéraient que la ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould utilise son pouvoir discrétionnaire pour renverser cette décision. Elle a plutôt annoncé le 2 août dernier qu’elle la maintenait.

«Elle a analysé cette demande en ne tenant pas compte de la violence conjugale et familiale présente dans ce dossier, a déploré Sylvie Langlais, présidente du Regroupement. Cette décision n’est absolument pas cohérente avec les intentions annoncées par son gouvernement, qui tient cet été des consultations pour élaborer une stratégie contre la violence fondée sur le sexe.»

Mme Langlais presse la ministre Wilson-Raybould d’entamer une discussion avec nos voisins du sud afin qu’ils retirent leur demande d’extradition. «En cas de refus, elle doit faire preuve de courage et de compassion et utiliser son pouvoir discrétionnaire pour mettre fin au processus», a-t-elle ajouté.

Elle croit qu’il est dans l’intérêt supérieur des enfants que ces derniers puissent continuer de vivre avec leur mère ici. «Elle est là pour nous, elle nous encourage à l’école. Il y a beaucoup d’amour à la maison», a souligné l’une des filles de Mme M.

Le cabinet de la ministre de la Justice n’a pas répondu à nos demandes de réaction.

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