OTTAWA — Les négociations entre Postes Canada et ses quelque 51 000 employés représentés par le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) semblent être dans une impasse, à quelques heures de l’expiration du mandat de grève.

Le syndicat a jusqu’à 23h59, jeudi, pour déposer son préavis de grève de 72 heures.

Le STTP accuse la partie patronale de continuer de présenter des demandes inacceptables.

L’échéance prochaine a amené la ministre de l’Emploi, du Développement de la main-d’oeuvre et du Travail, MaryAnn Mihychuk, à intervenir directement dans les discussions en s’assoyant à la table des négociations, mardi.

Le président du STTP, Mike Palecek, fera le point sur les négociations, jeudi.

Le comité de négociations du syndicat a avisé ses membres qu’il déposera un préavis de 72 heures si «Postes Canada s’entête à maintenir» sa position.

«S’il n’y a aucun changement d’ici à demain, nous déposerons un préavis de grève de 72 heures», a écrit le comité dans un communiqué publié sur le site internet du syndicat.

Si le syndicat décide de se retirer de la table des négociations, le service postal pourrait être perturbé dès lundi. Toutefois, on ignorait mercredi ce qu’il comptait faire.

Les syndiqués devront vraisemblablement se prononcer sur la prolongation du mandat de grève qu’ils ont donné au comité de négociations.

Un tel vote ne serait pas terminé avant une période de deux mois, ce qui ouvrirait la voie à une nouvelle perturbation des services postaux dès le début de la période des Fêtes.

Postes Canada pourrait décider de mettre ses employés en lock-out après jeudi.

«Après 9 mois de négociations, incluant 60 jours de conciliation suivis par plus de 70 jours en présence des médiateurs, les deux parties demeurent dans l’impasse», a déclaré un porte-parole de Postes Canada, Jon Hamilton.

«Le syndicat continue de pousser pour plus d’un milliard de dollars en demandes et ne tient pas compte de l’état actuel du service postal et de son futur problématique que cause une baisse du volume des postes et une augmentation des engagements en matière de retraite», a poursuivi le M. Hamilton.

«Postes Canada demeure engagés à négocier des ententes qui seront justes pour les employés et qui nous permettront de continuer à offrir des prix abordables pour les Canadiens».

Les principaux points en litige sont l’équité salariale entre les facteurs des régions rurales et ceux des régions urbaines, ainsi que le maintien d’un régime de retraite à prestations déterminées pour l’ensemble des employés réguliers actuels.

Le STTP dénonce que le salaire des facteurs travaillant dans les régions rurales soit en moyenne environ 30 pour cent inférieur à ceux oeuvrant dans les villes.

«Quant à sa proposition sur l’équité salariale des FFRS (facteurs et factrices ruraux et suburbains), elle ne vise qu’à compliquer et à retarder le processus, a dit le syndicat à ses membres. Postes Canada veut se servir de l’arbitrage obligatoire pour faire traîner le dossier de l’équité salariale, un processus qui pourrait prendre des années, voire même des décennies.»

Le syndicat accuse aussi la direction de vouloir «imposer des reculs, accroître le nombre d’emplois précaires temporaires et à temps partiel sans proposer la moindre amélioration aux effectifs, et elle veut pouvoir fermer les 493 comptoirs postaux protégés où travaillent des membres du STTP, ce qui éliminerait jusqu’à 1200 emplois à plein temps».

La direction de Postes Canada soutient que les demandes du syndicat lui coûteraient 1 milliard $, ce qui «aurait pour effet de rendre les produits et services de Postes Canada complètement inabordables», a-t-elle dit dans un communiqué publié le 17 août.

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