OTTAWA — Le gouvernement libéral a avisé les Nations unies que le Canada était prêt à fournir des troupes et de l’argent pour les missions de maintien de la paix à travers le monde.

Jusqu’à 600 soldats canadiens, dont des ingénieurs et des professionnels de la santé, se joindront à des opérations de paix, accompagnés par de l’équipement comme des hélicoptères et des avions, ont annoncé les ministres de la Défense et des Affaires étrangères, Harjit Sajjan et Stéphane Dion, vendredi.

«Il est temps pour le Canada de choisir l’engagement plutôt que l’isolement, a déclaré M. Dion lors d’une conférence de presse à Saguenay, où le caucus libéral national était réuni pour une retraite de deux jours. Il est temps d’agir avec conviction et de manière responsable comme un vrai artisan de la paix.»

Les effectifs militaires additionnels constituent une augmentation majeure par rapport aux 19 soldats canadiens assignés à des missions de paix à la fin du mois de juillet. Les nouvelles troupes permettront au Canada de revenir à un nombre de Casques bleus semblable à celui dont il disposait dans les années 1990 et au début des années 2000.

M. Sajjan a déclaré que l’annonce de vendredi indiquait que le Canada était prêt à s’engager de nouveau dans une grande variété d’opérations de paix multilatérales. Il a cependant prévenu que les choses avaient considérablement changé au cours des 20 dernières années.

«Partout dans le monde, la nature des conflits se modifie et devient plus complexe que jamais, a-t-il affirmé. Aujourd’hui, les opérations de paix se déroulent dans des endroits où il n’y a peut-être pas de paix à préserver, où la paix est fragile et constamment menacée par la violence. Nous devons mieux comprendre les conflits. Nous devons remonter à la source des conflits et penser à des manières innovatrices d’aller de l’avant.»

Le gouvernement de Justin Trudeau consacrera également 450 millions $ sur trois ans à des projets faisant la promotion de la paix et de la sécurité à travers le monde, incluant ceux prévoyant l’envoi de policiers et d’experts civils.

À la fin du mois de juillet, 75 policiers et neuf experts militaires du Canada participaient à des missions, selon l’ONU.

Des missions qui restent à préciser

Ces engagements font partie du nouveau programme pour la stabilisation des opérations de paix (PSOP) créé par Ottawa. Selon M. Dion, le PSOP «sera axé sur la prévention des conflits, le dialogue, la médiation et la consolidation de la paix».

L’annonce survient à quelques jours d’une conférence importante, à Londres, sur les opérations de maintien de la paix. Les pays devaient mettre de l’avant des engagements tangibles pour y participer. Le Canada n’avait pas assisté au sommet de l’année dernière, à Washington, qui avait été organisé par le président Barack Obama.

La grande question demeure la suivante: où les troupes canadiennes seront-elles dépêchées? Le fédéral n’a pas donné de réponse claire, se contentant de dire qu’aucune décision n’avait encore été prise, mais que le Canada participerait sûrement à plusieurs opérations.

«Le problème, c’est qu’il y a trop d’endroits où on nous demande de revenir par rapport aux capacités réelles que nous avons, a indiqué Stéphane Dion. S’il fallait dire oui à tout, ce ne serait pas responsable. Il faudra être très sélectif, il faudra regarder ça avec beaucoup d’attention.»

Selon certaines rumeurs, le gouvernement libéral envisagerait des missions au Mali, en République centrafricaine, au Soudan du Sud ou en République démocratique du Congo. Mais ces quatre pays présentent des contextes complexes et dangereux; il n’y aura pas de solution facile. Au Mali, par exemple, 105 Casques bleus ont été tués depuis le mois d’avril 2013.

Le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, a salué la contribution du Canada. «L’armée canadienne a une longue et brillante histoire dans les opérations de maintien de paix. Nous sommes heureux (que le Canada) se réengage et qu’il revienne», a-t-il déclaré à l’Associated Press, vendredi.

«Les opérations de maintien de paix — surtout dans les dernières années — sont devenues de plus en plus complexes, compliquées et nous n’avons aucun doute que la contribution du Canada pourra nous aider à satisfaire ces besoins», a-t-il ajouté.

Note aux lecteurs: Ceci est une version révisée. Le texte précédent indiquait que 86 Casques bleus avaient été tués au Mali depuis 2013, alors qu’il s’agit plutôt de 105.

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