Paul Chiasson Paul Chiasson / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Les forages sur l’île d’Anticosti et l’empressement ou pas de tenir un référendum sur la souveraineté ont été les faits marquants du premier débat officiel entre les quatre candidats à la direction du Parti québécois, mardi à l’Université de Montréal.

Et s’estimant la seule à proposer une démarche claire en vue de la tenue d’un référendum dans un premier mandat d’un gouvernement péquiste, Martine Ouellet a traité ses opposants de «provincialistes» — ce qu’ils ont tour à tour nié au cours de rencontres avec les journalistes après le débat.

«Personne ici ne veut tasser l’indépendance», s’est exclamé Jean-François Lisée, qui a voulu répliquer à Mme Ouellet. «Je ne veux pas tasser l’indépendance; je veux tasser le Canada», a-t-il rectifié.

«L’indépendance n’arrivera pas comme un cheveu sur la soupe», il faut y travailler pour bien définir le projet dans le cadre de huit chantiers, afin de bien l’expliquer à la population, a proposé de son côté Alexandre Cloutier.

«Je ne conseille à personne d’aller à la guerre avec des indécis», a répliqué M. Lisée, qui a cité les plus récents sondages. Il a rappelé qu’il fallait convaincre davantage d’électeurs d’adhérer à la cause souverainiste avant de tenir un autre référendum qui risquerait d’être perdant.

Mais Mme Ouellet, qui veut tenir un référendum dès le premier mandat, a critiqué ceux qui sont pratiquement gênés de leur option souverainiste, les comparant aux militants d’un Parti vert qui s’engageraient à ne pas parler d’environnement dans un premier mandat.

À son tour, Paul St-Pierre Plamondon a déploré cette attitude du «on ne regarde pas les sondages et on fonce». Il a insisté sur le fait que «le troisième référendum se doit d’être gagnant».

Ce débat entre Martine Ouellet, Paul St-Pierre Plamondon, Alexandre Cloutier et Jean-François Lisée a été assez vigoureux, Mme Ouellet interrompant à quelques reprises M. Cloutier. Et M. Lisée s’est aussi fait reprocher de changer de position sur certains sujets ou de ne plus défendre certaines idées, ses adversaires lui citant ses écrits passés — lui qui a conseillé d’anciens chefs péquistes.

La question des forages pétroliers sur l’île d’Anticosti a aussi divisé les candidats.

M. Cloutier a commencé par lancer catégoriquement: «non au pétrole de schiste, non au gaz de schiste; l’avenir du Québec n’est pas dans les hydrocarbures, mais dans les énergies vertes».

Mme Ouellet lui a donc reproché d’avoir voté pour les trois forages exploratoires à Anticosti en février dernier.

Puis à son tour, Mme Ouellet a été pointée du doigt parce qu’elle était ministre responsable de ce dossier dans le gouvernement Marois lorsque l’entente à ce sujet avait été signée avec Pétrolia.

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