OTTAWA — Les télévisions communautaires veulent récupérer «ce qui leur est dû».

L’association canadienne qui représente les stations de télé communautaire et leurs usagers (Cactus) demande au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) de revenir sur sa décision récente qui les privera de près de 67 millions $ en redevances de la part des fournisseurs de service de télévision.

Le CRTC a autorisé en juin que ces sommes soient dorénavant consacrées aux salles de nouvelles des stations privées locales, au titre de «contenu canadien».

À l’heure actuelle, les fournisseurs de service télé doivent réserver cinq pour cent de leurs revenus, soit environ 150 millions $ par année, pour la production de «contenu canadien».

À compter du 1er septembre 2017, les distributeurs par câble et par satellite qui possèdent déjà des stations de télévision, comme Québecor, Rogers, Bell et Shaw, pourront consacrer une partie de ces sommes à leurs salles de nouvelles locales, au titre de «contenu canadien». Le CRTC veut ainsi encourager la production de nouvelles en régions, un souhait qui serait exprimé par les téléspectateurs.

Les télévisions communautaires, qui se plaignent déjà de précarité dans leur secteur, soutiennent que la décision du CRTC a été prise sur la base d’arguments «erronés et sélectifs», notamment sur le risque soi-disant «imminent» de fermetures de stations privées.

André Desrochers, de la télévision communautaire «Csur la télé», de Vaudreuil-Soulanges, à l’ouest de Montréal, croit que la décision du CRTC ne se traduira pas, en fait, par une augmentation de nouvelles locales sur les chaînes privées. «L’argent des abonnés en régions qui était autrefois consacré à la télé communautaire sera maintenant transféré dans quelques grands marchés qui disposent déjà de salles de nouvelles privées», soutient-il.

Le changement de politique du CRTC est cependant assorti d’exigences: si une entreprise décide de transférer davantage de fonds de «contenu canadien» dans ses salles de nouvelles locales, elle devra conserver toutes ses stations régionales. Par ailleurs, les stations de langue française devront diffuser cinq heures de programmation locale par semaine, mais ce seuil pourrait être augmenté compte tenu des exigences particulières d’une communauté.

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