Thinkstock

Québec a annoncé mardi la mise sur pied de trois grandes consultations devant mener à l’élaboration, suite à un Sommet sur l’alimentation à l’automne 2017, d’une politique bioalimentaire québécoise.

Le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, Pierre Paradis, a soutenu que le gouvernement placera les enjeux soulevés par les consommateurs «au centre» de la démarche. Il a cité l’étiquetage des Organismes génétiquement modifiés (OGM), l’usage des pesticides et l’accès aux aliments biologiques comme sources d’inquiétudes pour les Québécois.

«On veut que le processus soit le plus démocratique et le plus participatif possible, a-t-il affirmé en point de presse. La future politique alimentaire du Québec doit favoriser la prospérité de l’industrie, tout en répondant aux attentes du consommateur.»

Outre un site web interactif pour permettre aux Québécois d’exprimer leurs opinions, Québec tiendra une rencontre à Montréal le 21 octobre où les associations de consommateurs, ainsi que les citoyens eux-mêmes, seront conviés à participer à la discussion. Celle-ci sera animée par le chef et entrepreneur Ricardo Larrivée.

«L’agriculture et l’alimentation, on n’en parlera jamais assez. Ça fait partie de notre quotidien», a déclaré M. Larrivée, mardi.

Deux autres rencontres, seront tenues en février 2017 à Drummondville avec les transformateurs, distributeurs et restaurateurs, puis en mai, à Lévis, avec les entrepreneurs agricoles et les pêcheurs.

Du côté de L’Association des détaillants en alimentation du Québec (ADA), du Conseil de la transformation alimentaire du Québec (CTAQ) et de l’Union des producteurs agricoles (UPA), on a tenu à souligner l’urgence d’accoucher d’une politique Québécoise bioalimentaire. On a aussi déploré qu’il s’agit d’une neuvième série de consultations sur la question depuis 2008.

Dans un communiqué émis mardi, on fait état d’un manque d’investissements en immobilisation, en recherche et en développement, une pénurie de main d’œuvre dans l’industrie agroalimentaire. On affirme aussi que les compétiteurs du Québec au plan international se positionnent déjà pour prendre avantage des ententes commerciales conclues avec l’Europe et avec les pays du Pacifique.

«La majorité des produits agroalimentaires québécois sont destinés à l’exportation. Les attentes des consommateurs québécois sont importantes, mais il faut aussi tenir compte de la concurrence à laquelle nous sommes confrontés sur la scène internationale», a-t-on fait savoir par voie de communiqué.

Chez les producteurs de grains du Québec (PGQ), on a critiqué la structure des consultations, où consommateurs et producteurs ne participeront pas ensemble.

«On aurait voulu participer aux trois sommets. Parce que si les consommateurs demandent des choses qu’on ne peut pas réaliser, ça pourrait être difficile. On aurait aimé ça discuter ensemble, a commenté Alain Beaudry, producteur de grain et membre du CA de PGQ. Il faut savoir ce que le consommateur veut avoir et si c’est réalisable à un coût raisonnable.»

Étiquetage des OGM

Le ministre Pierre Paradis a affirmé que la question de l’étiquetage obligatoire des OGM fera sans doute partie des discussions, puisqu’il s’agit d’une des inquiétudes des consommateurs.

Citant «l’urgence d’agir», il a toutefois ajouté que le gouvernement pourrait procéder à l’élaboration d’un projet de loi en ce sens avant le sommet de l’alimentation en 2017, puisque les Etats-Unis l’ont déjà fait.

«Le Canada et le Québec ne peuvent pas se permettre d’être à la remorque de ce droit de savoir du consommateur», a-t-il martelé.

Aussi dans National :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!