MONTRÉAL — La question de l’importance stratégique pour le Québec des économies sociale et verte a fait consensus lors d’un débat entre conférenciers patronal, syndical, coopératif et écologistes, mais leur opinion variait à savoir s’il appartient d’abord au gouvernement de montrer la voie ou à l’individu de faire les bons choix.

La Maison du développement durable avait organisé, lundi à Montréal, un débat qui réunissait entre autres le président du Conseil du patronat du Québec, Yves-Thomas Dorval, le président de la CSN, Jacques Létourneau, le directeur général du Chantier de l’économie sociale, Jean-Martin Aussant, ainsi que des représentants du Mouvement des caisses Desjardins et de groupes écologistes.

«C’est facile de dire l’État ou l’entreprise doit faire ça. Le plus difficile, c’est d’amener l’individu à adopter des comportements et que ça soit dans ses valeurs», a commenté M. Dorval.

Prenant exemple du recyclage, où toutes les matières recyclables sont jetées pêle-mêle dans un même bac, même les objets consignés, il a ajouté: «on le fait, mais tant que ça ne brise pas trop mon confort personnel. Donc, ce n’est pas une valeur», a-t-il conclu.

M. Dorval a aussi cité l’exemple du développement des éoliennes en Gaspésie — un geste favorable au développement d’une énergie verte et favorable au développement de l’économie régionale. «Le paradoxe, c’est que quand la population québécoise a su qu’Hydro-Québec devait augmenter les tarifs et qu’en partie, c’était les contrats d’éoliennes, qu’est-ce qui s’est passé? La population de façon générale a commencé à critiquer», a souligné M. Dorval, pour illustrer le paradoxe.

D’autres conférenciers ont invité à ne pas attendre le consensus absolu au sein de la population et des décideurs pour adopter l’économie sociale de façon plus générale et la transition vers les économies vertes.

«Le Québec a tout pour devenir une locomotive» en la matière, a plaidé Laure Waridel, directrice exécutive du Centre interdisciplinaire de recherche en opérationnalisation et développement durable.

«Le grand consensus politique, on ne le fera jamais, a lancé Jacques Létourneau, de la CSN. On avait un gouvernement à Ottawa, il n’y a pas si longtemps, qui niait même la problématique du réchauffement de la planète. Il faut agir sur les pouvoirs politiques, parce que l’État a un rôle fondamental à jouer en matière de politiques de développement.»

«C’est une question de vision et un peu de pédagogie aussi. Ce n’est pas juste les personnes qui vont changer les choses, c’est souvent les gouvernements, par des décisions courageuses», a lancé Jean-Martin Aussant, du Chantier de l’économie sociale.

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