Sean Kilpatrick Sean Kilpatrick / La Presse Canadienne

OTTAWA — Pour le député libéral Denis Paradis, c’est une évidence: le Canada est un pays bilingue alors sa capitale nationale devrait l’être aussi.

«Je pense que ce serait une bonne chose qu’Ottawa montre qu’il y a deux langues officielles au pays», a déclaré M. Paradis, qui représente la circonscription de Brome-Missisquoi, dans les Cantons-de-l’Est, lors d’une récente entrevue.

C’est pour cette raison qu’il aimerait discuter de l’idée avec ses collègues du Comité permanent des langues officielles de la Chambre des Communes, dont il est le président, lorsque les députés retourneront au Parlement la semaine prochaine.

La possibilité de faire d’Ottawa une ville officiellement bilingue — un projet qui, selon Denis Paradis, ne nécessiterait aucun changement aux lois fédérales — a souvent été évoquée au cours des dernières décennies.

Elle a provoqué des débats passionnés entre ceux qui souhaitent que les droits de la minorité francophone de la capitale nationale soient mieux protégés et ceux qui craignent que cette mesure ne soit trop dispendieuse et ne limite davantage l’accès au marché de l’emploi dans une ville où le bilinguisme est déjà une compétence fréquemment exigée pour les postes au sein du gouvernement fédéral.

M. Paradis a dit avoir eu envie d’aborder cette question avec le Comité cet automne en partie parce que la proposition a longtemps été défendue par Mauril Bélanger, un député libéral originaire d’Ottawa qui est décédé cet été après s’être battu contre la sclérose latérale amyotrophique, mieux connue sous le nom de maladie de Lou Gehrig.

Depuis 2001, la Ville d’Ottawa possède une politique en matière de bilinguisme qui reconnaît aux francophones et aux anglophones les mêmes droits et privilèges.

C’est la raison pour laquelle l’actuel maire de la capitale nationale, Jim Watson, refuse de changer officiellement le statut de la municipalité, faisant valoir qu’elle est déjà bilingue dans les faits.

Un groupe baptisé le Mouvement pour une capitale du Canada officiellement bilingue milite pour que le conseil municipal d’Ottawa demande à l’Assemblée législative de l’Ontario de changer la Loi sur la ville d’Ottawa afin qu’elle reconnaisse le caractère bilingue et le statut de capitale nationale de la Ville, ce qui reviendrait d’après lui essentiellement à enchâsser cet aspect dans la loi.

Le député néo-démocrate François Choquette, le vice-président du Comité permanent des langues officielles, a affirmé qu’il soutiendrait les démarches de Denis Paradis. Il aimerait toutefois avoir l’opinion de la ministre du Patrimoine, Mélanie Joly, qui est aussi responsable des langues officielles, sur cette question.

«C’est elle qui devrait mener les efforts pour faire d’Ottawa une ville bilingue», a-t-il indiqué.

Mme Joly a toutefois décidé de ne pas s’en mêler, son bureau ayant déclaré jeudi que, si les langues officielles et le soutien aux minorités étaient des priorités pour le gouvernement libéral, toutes les décisions concernant le bilinguisme d’Ottawa revenaient au conseil municipal et au gouvernement ontarien.

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