Ryan Remiorz Ryan Remiorz / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Entouré de dirigeants de plusieurs pays d’Afrique et d’Asie, le premier ministre du Canada a ouvert, vendredi, à Montréal, la conférence du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, qui vise à recueillir 13 milliards $ US afin de mettre fin «pour de bon» à la propagation de ces maladies d’ici 2030.

«Ces épidémies peuvent être enrayées. Si nous travaillons ensemble, nous pouvons mettre un terme à ces maladies dévastatrices. Nous sommes à un moment charnière», a soutenu Justin Trudeau devant plus d’une centaine de délégués.

Le premier ministre est l’hôte de l’événement de deux jours auquel participeront notamment le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, la vedette du rock Bono ainsi que le milliardaire philanthrope américain Bill Gates.

L’accueil au pays de la cinquième conférence du Fonds vise à démontrer le leadership dont le Canada fait preuve sur la scène internationale en prévision de ce qui devrait être le premier discours de M. Trudeau devant l’Assemblée générale de l’ONU, la semaine prochaine à New York.

Dans l’allocution d’ouverture de la conférence, M. Trudeau a indiqué que le Canada avait déjà promis au Fonds plus de 800 millions $ pour la période 2017-2019, et il a appelé les autres pays à contribuer «avec compassion et de manière ambitieuse».

«Nous devons montrer l’exemple et travailler ensemble, parce que nous démontrerons alors au monde entier ce qui peut être accompli lorsque nous joignons nos efforts dans une cause commune», a-t-il déclaré.

M. Trudeau a rappelé que le sida, le paludisme et la tuberculose tuent encore 8000 personnes chaque jour, surtout des filles et des femmes de pays en voie de développement qui vivent dans la pauvreté.

«Comme nous le savons tous, la pauvreté est sexiste. Comme féministe, comme père et comme être humain, je sais que ce n’est pas normal, et vous le savez aussi» a-t-il ajouté.

Ses propos ont été appuyés par le discours de la première ministre du Bangladesh, Sheikh Hasina, dont le pays oeuvre à redonner du pouvoir aux femmes pour combattre ce fléau.

Le Bangladesh a mis en place plus de 16 000 cliniques communautaires avec de nombreuses femmes employées, en plus de rendre gratuite l’école pour les filles jusqu’en 12e année.

«Cela n’a pas seulement résulté en une amélioration significative de la rétention des filles à l’école, cela a aussi diminué les mariages chez les mineurs, ainsi que la mortalité maternelle et infantile», a-t-elle soutenu.

Le premier ministre Trudeau a passé la journée à rencontrer de nombreux dignitaires, dont la secrétaire générale de la Francophonie, Michaëlle Jean, qui s’était déplacée pour l’événement.

«La façon dont, aujourd’hui, on répond à l’invitation du Canada pour la reconsolidation des trois pandémies, c’est très encourageant. Très encourageant de voir que ce front (des pays de la Francophonie) est possible et qu’on peut avancer avec des stratégies robustes», s’est réjouie Mme Jean lors d’une brève allocution avant sa rencontre avec le premier ministre.

M. Trudeau s’est notamment entretenu vendredi après-midi avec le président du Sénégal, Macky Sall, le premier ministre de la République du Mali, Modibo Keita et le premier ministre de la Guinée, Mamady Youla.

La chef intérimaire du Parti conservateur, Rona Ambrose, se dirige à Montréal pour rencontrer Bono à la conférence et elle se dit en accord avec l’idée que la pauvreté touche davantage les femmes et les filles.

Mme Ambrose, une ancienne ministre de la Condition féminine, avait parrainé une résolution des Nations unies pour créer la Journée internationale de la fille, qui a été adoptée en 2011.

«Je crois que chaque gouvernement devrait évaluer son développement à travers le prisme des sexes. Les femmes et les filles sont absolument les plus opprimées», a-t-elle dit.

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