MONTRÉAL — Le gouvernement fédéral est intervenu à la dernière minute, vendredi, pour suspendre temporairement la déportation d’un résidant du Québec vers l’Italie sur la base d’une condamnation datant d’il y a 20 ans.

Michele Torre se trouvait vendredi à l’aéroport de Montréal dans l’attente d’un vol en soirée lorsque le sursis ministériel est arrivé.

Sa fille, Nellie Torre, a indiqué qu’elle avait reçu la nouvelle du sursis de son député fédéral. «Je suis très très reconnaissante envers notre gouvernement en ce moment, a-t-elle dit. Je crains que nous ne soyons pas complètement tirés d’affaire, mais je suis reconnaissante du fait que mon père rentre à la maison ce soir.»

Michele Torre, âgé de 64 ans, a été condamné en 1996 pour complot d’importation de cocaïne, relié à la mafia, et a purgé en partie sa peine de prison de près de neuf ans.

Il avait été arrêté une seconde fois, en 2006, dans le cadre d’une opération policière d’envergure qui visait à démanteler la mafia. M. Torre a été détenu pendant trois ans en attendant la tenue de son procès. Il a ensuite été acquitté.

L’homme a seulement appris l’existence de l’ordre d’expulsion fondé en bonne partie sur cette condamnation lorsqu’il a tenté d’obtenir la citoyenneté canadienne il y a quelques années.

Marié et père de trois enfants, il était résident permanent depuis son arrivée au Canada en 1967.

Plus tôt vendredi, un juge de la Cour fédérale avait rejeté une requête pour sursis. Sa famille tentait de l’obtenir pour des motifs humanitaires.

L’avocat de M. Torre, Stéphane Handfield, a qualifié la tentative de déportation de son client après autant d’années, d’abus de procédure. Il a ajouté qu’il s’agissait de la première fois qu’il se trouvait, en 24 ans de carrière, face à une telle situation.

La nouvelle du revirement de situation est tombée 90 minutes avant que l’avion dans lequel M. Torre devait embarquer ne décolle, a indiqué le juriste. «Les agents (des services frontaliers) ont joint la famille, leur disant de venir chercher leur père à l’aéroport puisque la déportation était annulée et que celui-ci ne partait pas aujourd’hui», a-t-il raconté.

Depuis le début de son combat pour rester au Canada, M. Torre affirme qu’il n’a plus de lien avec la mafia depuis 1996. Les membres de sa famille ont pour leur part fait valoir que l’homme a déjà purgé sa peine.

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