Paul Chiasson Paul Chiasson / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme est passé à un cheveu d’atteindre son objectif de 13 milliards $ US, mais cela n’a pas empêché l’hôte de la conférence internationale, Justin Trudeau, de proclamer que la mission était accomplie.

«C’est un grand honneur de vous annoncer que pour la cinquième conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, nous avons atteint notre but. Ensemble nous avons amassé presque 13 milliards $», a affirmé le premier ministre canadien lors de son discours de clôture de l’événement, qui se tenait à Montréal.

Le gouvernement a précisé par voie de communiqué que le fonds avait recueilli 12,9 milliards $ US — ou environ 17 milliards $ CAN — «sous forme de contributions annoncées».

«Lorsque les gouvernements, les partenaires privés et les citoyens s’unissent, nous pouvons entrer dans l’histoire, nous pouvons changer le monde», s’est réjoui le premier ministre devant les délégués réunis au siège l’Organisation de l’aviation civile internationale.

Au côté du philanthrope Bill Gates, le premier ministre canadien a martelé qu’il serait possible de «mettre fin aux maladies pour de bon» — c’est l’objectif ambitieux de l’organisation qui compte éradiquer le sida, la tuberculose et le paludisme d’ici 2030.

Le Fonds mondial est parvenu à récolter un milliard de plus qu’à la dernière conférence de 2013, mais c’est tout de même bien moins que ce que réclamaient certaines organisations caritatives. En conférence téléphonique, vendredi, certains organismes parlaient du 13 milliards $ comme un «plancher» et non un «plafond».

«Nous allons pouvoir sauver huit millions de vies dans les années à venir. L’énergie et l’attention qu’on a su attirer en ramenant le monde ici à Montréal pour parler de cet enjeu si important, on s’assure que les dons vont continuer à rentrer dans les semaines et les mois à venir», a justifié le premier ministre en conférence de presse en après-midi.

Pour sa part, le Canada a promis de verser plus de 800 millions $ sur trois ans, de 2017 à 2019. Il s’agit d’une somme considérable, et le premier ministre a promis qu’elle serait dépensée à bon escient malgré la mauvaise réputation de certains gouvernements de pays en voie de développement.

«Pour que des pays comme les États-Unis ou le Royaume-Uni ou des fondations comme la Bill & Melinda Gates Foundation soient de si généreux donateurs au Global Found, vous pouvez savoir qu’il y a une attention particulière sur le fait que nous devons aider les plus vulnérables», a-t-il expliqué.

Lors d’une assemblée publique dans un hôtel montréalais après la conférence, M. Trudeau a d’ailleurs relaté que plusieurs dirigeants africains rencontrés dans les derniers jours lui avaient demandé de l’aide pour améliorer leurs institutions.

«Ce n’est pas juste une question d’écrire un chèque et d’envoyer des fonds, c’est une question de travailler en partenariat avec des communautés», a-t-il soutenu.

Justin Trudeau a terminé sa journée en compagnie de la vedette rock irlandaise Bono, qui a une fois de plus louangé le premier ministre, «un féministe sérieux», ce qui est un atout dans la lutte contre la pauvreté qui touche davantage les femmes, a-t-il dit.

«Le premier ministre est connu pour enlever son chandail, mais moi je le connais plus comme quelqu’un qui se retrousse les manches», a-t-il raillé, après avoir souligné les «heures de travail» du premier ministre dans la préparation de cette conférence.

Bono s’était adressé aux délégués de la conférence en matinée, alors qu’il avait louangé le Canada pour avoir servi de chef de file dans la lutte contre ces maladies.

«Vous avez toujours été en avance sur tout le monde en comprenant que nous pouvons faire mieux si la communauté internationale travaille ensemble», a-t-il déclaré.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, et le philanthrope Bill Gates ont également prononcé une allocution au deuxième jour de l’événement.

Dans son discours, M. Gates a souligné que les fonds amassés durant la conférence contribueraient à soigner plus de gens et à s’assurer que le sida, la tuberculose et le paludisme demeurent sous contrôle.

«Les promesses que nous faisons à Montréal sont l’occasion de montrer que même en ces temps difficiles, nous nous sentons concernés et nous sommes prêts à investir dans des projets qui feront de ce monde un lieu plus équitable, plus prospère et plus sûr pour l’ensemble de la population», a-t-il indiqué.

La conférence, organisée à l’initiative du gouvernement Trudeau, vise à démontrer le leadership du Canada sur la scène internationale à l’aube du premier discours du premier ministre canadien à l’Assemblée générale des Nations unies, prévu la semaine prochaine.

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