Sean Kilpatrick Sean Kilpatrick / La Presse Canadienne

OTTAWA — Le statisticien en chef de Statistique Canada avait été averti trois mois avant sa démission surprise de la semaine dernière qu’un bras de fer avec le gouvernement fédéral était inévitable tandis que l’organisme réclamait plus d’indépendance, selon des documents.

Wayne Smith a claqué la porte de Statistique Canada, vendredi après-midi, accusant Ottawa d’entraver l’indépendance de l’organisation en la forçant à utiliser le système informatique centralisé du gouvernement.

En coulisses, toutefois, le Conseil national de la statistique — qui est responsable de conseiller le statisticien en chef — avait signalé que des problèmes surviendraient prochainement si le gouvernement refusait que Statistique Canada n’utilise plus le système supervisé par Services partagés Canada (SPC).

Dans un rapport daté du mois de juin obtenu par La Presse canadienne en vertu de la Loi sur l’accès à l’information, le conseil a écrit que la volonté des libéraux pour que Statistique Canada trouve de nouveaux moyens en vue de collecter, analyser et distribuer des données s’inscrivait en faux avec leur insistance pour que l’organisme fédéral utilise la nouvelle plateforme centralisée du gouvernement.

Le document indique que l’organisme a besoin d’être plus agile dans un monde où les données statistiques affluent. L’organisation doit répondre plus rapidement à des demandes d’information, elle doit composer avec un taux de réponse aux sondages qui est en déclin, tout en tentant de satisfaire les besoins du gouvernement qui souhaite obtenir des statistiques sur de nouveaux enjeux.

Le conseil a statué que Statistique Canada ne pouvait pas arriver à ces fins s’il dépendait du système informatique de Services partagés Canada.

«Des défaillances technologiques et la paperasse bureaucratique liées à SPC augmentent les risques et les délais dans la production de programmes majeurs de statistiques», a soutenu le conseil.

«Si ce n’est pas réglé, cela pourrait empêcher le potentiel en innovation de la part de l’organisme», a-t-il ajouté.

Selon le rapport, Statistique Canada doit contrôler son système de technologies de l’information (TI) pour prévenir toute violation de la vie privée et éviter les délais pour obtenir de l’équipement et des logiciels «de pointe» afin de s’assurer que toutes les informations soient publiées à temps.

L’organisme voulait également s’assurer que les formulaires en ligne ne fassent pas défaut — comme ce qui est arrivé sur le site du recensement lors du premier jour où les Canadiens pouvaient le remplir.

«Le gouvernement ne peut pas dire à (Statistique Canada) d’être audacieux et innovateur tout en limitant sa capacité technologique», a constaté le rapport du conseil.

Le gouvernement libéral a affirmé vendredi qu’il avait travaillé très fort pour améliorer la technologie de Services partagés Canada. Le ministre de l’Innovation, Navdeep Bains, a affirmé que le gouvernement donnerait plus d’indépendance à l’organisme comme il l’avait promis lors de la dernière campagne électorale.

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